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Thème : Amour / Mort


Tes mains vont si loin...
Pascal DEPRESLE

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Tes mains vont si loin,
si fort,
si profond sous ma peau,
comme un tour de manège
ou une chimio.
Si ça métastase entre nous,
ça fait le tour de nos veines,
plus tard celui de nos peines,
c’est que rien qu’à l’idée
de te perdre,
de savoir que tout finira,
que si tu meurs,
c’est de cette tumeur
qui vit en nous,
qui nous perfuse
de mots qu’on n’avait pas,
je me scarifie les yeux.
Deux bips, la poche est terminée,
promis on refera l’amour
comme à la première seconde.
L’infirmière de nuit,
la solitaire
celle qui dégueule la vie
et les bébés morts,
celle qui rend les murs colorés,
tant elle est livide et blême,
elle-même viendra nous débrancher,
corps contre corps,
encore une mort,
encore un rideau qu’on tire
sur des milliards de cellules.

 

© Pascal DEPRESLE

 

Pascal DEPRESLE, Crédit photo : lamontagne.fr, Florian SALESSE

Pascal Depresle
(1966-aujourd'hui)
Pascal Depresle est né en 1966 à Montluçon. Passionné de lettres et d’écriture, son parcours chaotique l’a amené à traverser la France durant 30 années passées comme manager dans le monde du transport, et à s’enrichir de toutes ces cultures et rencontres de gens authentiques attachés à leur terroir. Après un accident de la vie, cet auvergnat passionné éclectique de musique comme Brel, Brassens ou Eric Clapton, et de littérature, tels Fallet, Faulkner ou la poésie du moyen-âge, s’est lancé un nouveau défi, un nouveau projet de vie, qu’il tente de relever aujourd’hui, défi où l’écriture est partie prenante. « Du plus loin que je me souvienne, dès que j’ai pu tenir un crayon, j’ai su que c’était pour la vie » avoue-t-il.
Pascal Depresle a publié plusieurs recueils et un polar Des osselets au dessert, sorti cette année.
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→ Du même auteur
Tout recommence

→ Découvrir ses derniers recueils
Le temps se passe bien de nous
Bleu urgences

→ Mon avis sur le recueil Le temps se passe bien de nous
Une cathédrale d'émotions dès la première page... Dans la noirceur d'un passé qu'il aurait voulu meilleur, Pascal Depresle distille ses déchirures, ses manques et ses révoltes. Le verbe est haut, l'adjectif flamboyant, la phrase parfois assassine.
Alors oui, il a parcouru des routes cabossées. Oui, il a dérapé sur les chemins de la vie. Oui, il s'est accroché aux branches de quelques racines vivaces. C'est percutant, tranchant, incisif et ça fait mouche !

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Le Monde de Poetika
Revue de poésie en ligne
N° ISSN : 2802-1797