Ecrire des vers à vingt ans, c'est avoir vingt ans.
En écrire à quarante, c'est être poète.
Francis Carco 

L'écritoire de Noël

Les douze lutins
de Paul-Alexis ROBIC


Ils sont douze lutins
Dans ce joli village
De songe et de cristal
Derrière les montagnes

Trois qui frappent l’enclume
Et remplissent d’étoiles
La forge du grand gel

Trois qui font à l’enseigne
Du Rire de l’Hiver
De frais gâteaux de neige.

Trois qui tirent l’alêne
En secret dans la basse
Échoppe du sommeil

Trois autres qui allument
Leurs petites lanternes
Et n’attendent qu’un signe
Pour s’en aller sonner
Les cloches de Noël

 

La magie de Noël
de Elea LAUREEN


La période de Noël
Est pour moi, une merveille
Je retrouve en ce moment
Mon coeur et mon âme d’enfant

Cette saison particulière
Me rend tellement légère
C'est l’occasion rêvée
De faire des vœux enchantés

Allongée sur le blanc coton
Je regarde tomber les doux flocons
Dans le mouvement de l’ange
Je songe à cette belle insouciance

Les descentes en luge sous le soleil
Les batailles de neige en duel
Les sourires des petits et des grands
Les bonhommes de neige scintillants

Au coin de la cheminée
Décorée de fleurs et de guirlandes
Aux couleurs pétillantes
Les cadeaux emballés

La saveur d'un bon chocolat chaud
Regardant par la fenêtre les oiseaux
Faisant la danse des maisonnettes,
Pour se nourrir de graines et de graisse

Le plaisir de créer des guirlandes originales
Qui viendront garnir le sapin familial
Décors, boules, rubans, et bougies
Envoûteront de leur douce harmonie

Préparer les biscuits sucrés
La délicieuse bûche chocolatée
Le fameux coq au vin
Et tous au pétrin...

Puis s’habiller chaudement
Pour faire le tour des voisins
Et chanter notre joie allègrement
Ce répertoire de cantiques divins

Dans le quartier tout illuminé
Chaque maison étant décorée
Un paysage de blancheur
Et d'incroyables lueurs

Nous rentrerons transis de froid
Pour un délicieux repas
Dans la joie et bonne humeur
Un vrai régal de bonheur

Après la messe de Minuit
Chacun s’embrassera tendrement
Devant les yeux éblouis des petits
La paix et l'amour doucement
Auront déposé leur magie


♡☆♡

 

Ma crèche
de Jean-Charles PAILLET


L’eau de ma crèche est une rivière

son visage s’anime jusqu’aux fontaines

d’hier et d’avant-hier sans aucune peine


Les arbres de ma crèche se nomment

pins cyprès platanes oliviers


Dans ma crèche la joie

au centre de la vie

au cœur de la foi

vibre d’amour et d’espoir

jour après jour


Ma crèche n’est pas d’argile

je vous le donne en mille

c’est un beau village de Provence

où l’accent chante et danse


Ma crèche c’est la vraie vie d’ici

♡☆♡

 

Il est minuit sur la colline
de OMBREFEUILLE


Il est minuit sur la colline

Où souffle un petit vent glacé

Qui joue parmi la neige fine.


Dans le silence des étoiles

Scintille l’infini, caché

Comme entre d’impalpables voiles.


Le ciel est joie, la terre est paix,

Et la maison se pelotonne

Sous la rondeur du toit épais.


Au pied du sapin les cadeaux,

Près du feu le chat qui ronronne,

Partout harmonie et repos.


Là-bas un tintement de cloche

Traverse les champs, les forêts :

Il faut sortir, car l’heure est proche.


Il faut prendre les lampes frêles

Et marcher entre les longs traits

De ces flocons cinglants et grêles.


Capes vieillies et longs manteaux

Montent, silhouettes frileuses,

Par les chemins, par les coteaux.


Soudain jaillissent de la nuit

Les voix des anges, lumineuses …

Sur la colline il est minuit.

 

Inspiré, quoique de loin, par la Russie, avec ses vastes forêts, sa neige et le tintement de la cloche

Également inspiré, plus directement, par la Provence, surtout par la fin des « Trois messes basses » d’Alphonse Daudet (des « Lettres de mon moulin ») et par la Pastorale des Santons, texte d’Yvan Audouard

Noël
de HANTERNOZ


Blottis dans un fauteuil et devant l’arbre vert,
Un petit qui sommeille, un vieillard indulgent,
Contemplent en rêvant tout l’or et tout l’argent
D’un manteau scintillant. Le sapin s'est couvert !

 

Auprès des souliers une crèche rappelle
À toute humanité que l’amour est divin,
Qu’il est doux le partage des pains et du vin,
Quand un chant radieux emplit une chapelle !

 

Et la promesse vient d’un lendemain joyeux,
Du rire qui résonne au matin de Noël,
Quand s’accomplit enfin le miracle éternel
Et que la preuve est là, juste devant nos yeux !

 

Pour l’enfant le jouet, le fruit, une étincelle,
Un moment merveilleux gravé dans sa mémoire.
Au grand-père à nouveau sera donné de croire,
En la pâle bougie une flamme chancelle…

 

Vieux Papa où es-tu ?
de Françoise BIDOIS


Il était beau et frais, le Père Noël d’alors !

Il était moins cassé que n’était mon grand-père.

Mystérieux, secret, du pays aux trésors.

On croyait qu’il était des parents, le compère :

« Noël ne viendra pas, gare au Père Fouettard ! »

Pour les devoirs aussi, on passait le message,

Mais là il y avait quelques futés vantards

Qui se moquaient si bien d’être comme une image,

Qui prétendaient savoir une autre vérité…

Et la peur grandissait, car il fallait y croire

Au vieil homme d’hiver, à son ubiquité,

Sinon pas de cadeaux, et serrant la mâchoire,

Avec un air sérieux, on gardait le secret.

On ne trahissait pas, l’horrible découverte,

Que les parents mentaient, fallait être discret,

Grande était la frayeur… des cadeaux voir la perte !

En ces jours, le bonhomme est rabougri, hideux,

Comme nous tout fripé, qui plus est, un avare !

Ça fait combien de temps, de Noëls cafardeux,

Que mes souliers vernis ne servent plus de varre (1)

À quelque beau jouet ou minime cadeau

Enrubanné, doré, qui cache son mystère

Dans un coffret savant, sous le sapin badaud ?

Vraiment à mon avis le vieux est grabataire !

Ne le serait-on point, balloté en traineau

Par tous les mauvais temps que malmènent ses rennes

Arthrosiques, miros, plus bêtes qu’un vanneau,

Juste bons à penser à leurs prochains casse-graines !

Qu’on attelle Danseur, Furie et Cupidon,

Tornade et puis Éclair, quand arrive Tonnerre

C’est pire qu’un bazar, ça frôle l’abandon !

Le nez rouge de Rudolph, cherchant son partenaire,

Fringant qui n’en peut plus, est retourné dormir

Pourquoi tant se donner, ce n’est qu’une historiette !

Personne n’y croit plus ne sachant que gémir.

Vous y croyez encore ? Demandez à Comète…

Les rennes, le traineau, qui volent dans les airs !

Même les tout-petits se lassent de la Fête.

Un vieux qui bosse encor, c’était encore hier

Grèves dures des trains et foule insatisfaite.

Et puis sa fausse barbe et son manteau fripé,

Son ho ! ho ! bien surfait et son air débonnaire,

Tout de rouge habillé, de sa hotte équipé,

Travail de saisonnier, histoire imaginaire

Qui vient de Laponie en passant par le ciel,

Si facile à gober, naïfs que nous sommes,

À laquelle on ne croit que pour le matériel.

Puis on se fait piéger, ainsi sont faits les hommes !

On refait tous les ans, un sapin décoré.

La course au dernier jouet, duquel vite on se lasse,

Du papier scintillant, comme ils vont adorer !

Quelques rires d’enfant, tirelire que l’on casse…

Moi je l’aimais vraiment quand il était fauché.

Ce soir-là, sentait bon l’amour et les oranges,

Dans un coin du salon qu’on avait bregauché (2)

On contait on chantait, ça n’était pas étrange.

Quelques bougies brillaient, c’était bien chaleureux,

Pour l’honneur on avait astiqué les chaussures,

La sagesse était là, les parents valeureux,

C’était simple Noël, tendresse sans fissures.

 

(1) Varre \vaʁ\ féminin (Marine) (Vieilli) Harpon pour varrer.

(2) Bregaucher (Suisse) Ranger, nettoyer dans un appartement.


 

Les flocons de Noël
de Alain MARCHAND


J'ouvre un œil
Évadé de la nuit
Vers la buée cristale
Qui gèle contre la vitre

Les flocons
S’envolent et puis descendent
En neige blanche banale
Contre la pierre des murs

La lumière
Au dessus des pavés
Rebondit et s’étale
Sous la voûte des porches

Les flocons
Ne quittent pas l’espace
Ils promènent des fantômes
Entre lune et soleil

Quand ta main
M’abandonne un instant
Tous les flocons dévalent
Sur les vents qui t’emportent

 

Aumône au môme
de Christian SATGE


Noël la ville atourne
Guenilles pas douchées
Sébille et chien couché

Personne ne s’retourne


Personne ne s’retourne
Rien pour chausser ses pieds
Sur un bout de papier

La terre et la roue tournent


La terre et la roue tournent
Sous les lumières crues
Débauche sans décrue

Ma tête se détourne


Ma tête se détourne
La conscience achetée
Par la pièce jetée

Mon pas las le contourne


Mon pas las le contourne
Ce tableau déplaisant
Il doit avoir seize ans

Noël la ville atourne

 

Renouveau
de SEDNA


Les lueurs se terrent sur le chemin
Là, où le grand troupeau d’ombres espionne
Le poème caché sous le sapin.
Serait-ce déjà l’hiver qui ronchonne.

Tout au-dessus des arbres dépouillés,
Un rêve troublé emplit les nuages.
Au fil du temps couché sur les pavés,
Les heures assoupies sont bien trop sages.

A la rescousse du matin glacé,
Les phrases chevauchent la chevelure
Du givre, et secouent leurs doigts tourmentés
Sur les fontaines figeant leurs murmures.

L’encre suspendue au silence dru
Recherche pourtant dans chaque voyelle
Un horizon où un printemps têtu
Se met en route et bâtit sa chapelle.

Quand Noël viendra porter ses cadeaux,
Au pied des guirlandes et des paillettes,
Les lampes chanteront le renouveau
Dans le vent agitant les girouettes.

Face à la porte, j’ai mis les sabots
Où la neige oubliera sa contrebande.
Et je t’offrirai un essaim de mots
Parfumés de blés chauds et de lavande.

 


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Citations autour de Noël

Noël n'est pas une saison. C'est un sentiment.
Edna Ferber



A Noël, tous les chemins mènent à la maison.
Marjorie Holmes



"Tu fais quoi pour Noël ? Je prends deux kilos !
Anna Gavalda



Celui qui n'a pas Noël dans le coeur ne le trouvera jamais au pied d'un arbre.
Roy Lemon Smith



On dit que la jeunesse ne croit plus en rien. Quelle tristesse... Et si un jour le Père Noël ne croyait plus aux enfants !
Pierre Doris