Le désir est désir de l'autre.
Jacques Lacan

Agrafe-toi à moi

Agrafe-moi dégrafe-moi
Arrache-moi
Décachette-moi déshabille-moi déplie-moi remplis-moi
Dévide-toi désinhibe-toi
Scotche-moi au panneau prends-moi dans le mur
Roule-moi des panneaux dépanne-moi
Fais-moi le plein des sens
Déchire-moi enfonce-toi défonce-moi
Emmure-moi démure-moi dépure-toi
Repose-toi dépose-moi emplile-moi pile-moi efface-moi
non ne m'efface pas
Garde-moi regarde-moi grade-moi
Engage-toi dégage-moi engrange-moi
Enchante-moi chante-moi hante-moi rentre en moi
Sors de là reviens-moi
Déverse-toi renverse-moi bouscule-moi bascule-moi
Balance-toi
Lance-toi lasse-moi me laisse pas délasse-toi délaisse-toi
Laisse-moi là
Griffe-moi dégriffe-toi dégrise-toi
Désire-moi
Attache-moi détache-toi tache-moi tâte-moi
Tatoue-moi
T'as tout moi...
Agrafe-toi à moi !

Macha Sueroff

Marie-Cécile Fourès écrit (sous différents pseudonymes) des contes, des nouvelles, des pièces de théâtre, des chansons et des poèmes. Elle a opté pour Macha Seruoff comme pseudonyme pour signer ses textes érotiques. Elle est conteuse pour enfant sous le nom de plume de Sara Tatouille. Elle est également comédienne et metteur en scène, animatrice d'ateliers d'écriture. Elle a crée avec Benoît Bourbon la compagnie théâtrale Alter & C° en 2008.
Après "les pages roses", qui est un recueil de textes et de poèmes érotiques, elle publie son premier roman intitulé "Entre deux" (2007).

Site officiel :
http://machaseruoff.e-monsite.com/

Aux gourmandises d'Eros

ELLE
Toute pleine de toi, ma bouche aspire encore
Les ultimes frissons de l'infini plaisir,
Te laissant palpitant, dont la sève décore,
D'une perle opaline évoquant ton désir
Que je viens d'apaiser, cette hampe inouïe
Offerte, insatiable, où chante ton d'ardeur,
Dont les élans d'amour, me laissent éblouie !
Tu prises ma caresse et, sans nulle tiédeur,
Soyeuse, délicate, en te comblant sans fin,
Ma langue douce, chaude, apprécie, amoureuse,
De goûter ton offrande… assouvissant ta faim
Et ton bel appétit, pour en jouir, heureuse !

LUI
Quand, à peine repu, je brûle ta toison
D'un de ces longs baisers dont tu chéris la force,
Débordant d'allégresse, heureuse, en pâmoison,
Tu laisses tes émois bouillir sous ton écorce…
Ardente et réceptive au moindre attouchement
De mes mains sur ton corps vibrant à ces délices.
Je connais ton attrait pour cet abouchement
Te donnant le vertige, offrant tous les prémices
D'un spasme en demi-teinte avant la jouissance,
Que tu sais retarder… pour mieux la ressentir
Lorsque avec de doux cris tu lui donnes naissance.
Alors, pour ce chant là, je veux tout consentir !

Johanne Hauber-Bieth

Lauréate et sociétaire, ou membre, des principales académies ou sociétés poétiques françaises, lauréate et membre de beaucoup d'associations littéraires et artistiques, en France et à l'étranger, Johanne, poète par nature, a ouvert ses volets sur le monde en 1949, à Strasbourg (France). Secrétaire de direction autodidacte, ses premiers essais pour le récit et le conte ont également été plusieurs fois récompensés.

Sa bio sur le Manoir des Poètes :
https://www.lemanoirdespoetes.fr/johanne-hauber-bieth.php

 

Dentelle

Cette dentelle, affirmation de ta féminité,
Quand le jean unisexe et râpeux
Traîne au sol en bouchon,
Si fine et qui accroche si fort mes doigts à toi
Trempée du sexe qui coule de désir.

Cette dentelle, blanc sur blanc
En bas de ton ventre,
Où mes lèvres s'attachent,
Sous laquelle je sens ton désir s'arrondir
Quand je le gonfle sous ma langue.

Cette dentelle qui s'envole dans la chambre
Pleine de ton odeur, de ton odeur d'envie
De mes mains, de mes lèvres, de mon sexe,
De ta faim, de ta soif de plaisir,
Si fragile et si pleine de toi.

Cette dentelle si remplie de moi
A en craquer et que j'écarte un peu
Pour venir en toi sans en perdre le contact,
Quand ce n'est pas toi,
Dans ton impatience de moi,

Qui l'ouvre avant de me prendre
A pleine main pour me glisser en toi.
Cette dentelle qui alors se tache
De ta jouissance et de la mienne,
Qui te fait comme un souvenir le jour durant.

Cette dentelle, c'est là sa seule utilité,
De retenir les coulures chaudes
De la réminiscence d'un orgasme
Joyeusement partagé,
Que tu gardes en haut de tes cuisses.

François d'Alayrac

François d'Alayrac est le chantre de la sensibilité érotique. Attentionné et délicat, il goûte le plaisir féminin à fleur  d'épiderme. Passionné  de l'amour et de la femme, D'Alayrac se veut l'alchimiste de  la recherche de  l'absolue osmose des corps. Pour ce poète habité par l'âme d'un loup, l'acte sexuel est fusionnel ; il participe à un rituel magique et sacré qu'il exprime avec sensualité. François D'Alayrac cherche à épouser l'infini au travers de la complémentarité  suprême entre le Yin et le Yang...

Son blog (apparemment inactif) :
http://nexussexus.canalblog.com/

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Errance Eros

Au velours de ton sein je promène en silence
Un doigt voluptueux de désir alourdi
Et je sens sous ta peau battre l'appel intense
D'un trouble lancinant encore inassouvi.

Tu me tournes le dos et doucement ronronnes
Comme chatte au mois d'août. D'un index immoral
Je gravis et dévale au fil de ta colonne
Le luxurieux parcours d'un chemin vertébral.

Lentement je visite un, deux, trois monticules
Que trop longtemps Vénus m'avait tenus cachés
Et je cueille en passant, oh ! plaisirs majuscules !
Les cadeaux embaumés des parfums du péché :

Une larme de joie au penchant de ta joue,
Une goutte de sueur à ta source d'émoi
Comme perle d'amour sur ta peau qui se joue.
Au flacon du désir je boirai tout de toi !

La couture d'un bas ensuite je dessine,
Retardant à plaisir l'instant tant attendu.
Soupirs, frémissements. maintenant je devine
Que de t'aimer enfin le moment est venu.

 

Jac Kallos

Sa page dans le Monde de Poetika
Son site internet :
http://jac.kallos.pagesperso-orange.fr/index.html

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Sens dessus dessous

Effleure
Doucement tes lèvres
Vestibule de soie et moi
Préparant mon entrée en fièvre
Suspendu au-dessus de toi

Vois
Ce duvet cette coiffure
Au milieu de tes jambes nues
Sens
Cette odeur de chevelure
Et de marine confondue
Entend
Ton ventre murmure
Même le mien a entendu

Tu ne dis rien juste une injure
De ta bouche jaillit le vent
Et la liqueur de ma blessure
Goutte
C'est le chant le plus émouvant

 

André Cayrel

Né en 1946, André Cayrel est un grand voyageur, tant dans l'espace réel que spirtuel. Il a été lauréat du Concours international de poésie érotique.

Son blog dédié au haïku :
http://haiku-senryu.over-blog.net/

Ton cul est rond...

Ton cul est rond comme une horloge
Et quand ma fatigue s'y loge
J'enfile le temps à rebours
Je mate l'heure sous ta jupe
Il est midi moins deux minutes
Et je suis encore à la bourre

Promis demain j'arriv'rai pile
Pour faufiler ma grande aiguille
Sous le cadran de ton bidule
On s'enverra jusqu'au clocher
Et mon coeur comme un balancier
Ondulera sous ta pendule

Dis-moi au chrono de tes reins
Quand passera le prochain train
Combien coûtera le trajet
l'ai tant couru contre ta montre
Voici qu'à l'heur' de la rencontre
Je me sens des doigts d'horloger...

 

Allain Leprest (1954-2011)

Poète-parolier et chanteur méconnu du grand public mais adoré de ses pairs, il clamait depuis plus de vingt cinq ans une chanson d'exception, qui alliait la virtuosité de l'écriture à la limpidité des sentiments. Une poésie, digne des recueil reliés, qui touchait droit au cœur. Même Nougaro, plutôt avare en compliment sur ses compagnons chanteurs, ne pouvait que s'incliner : « Leprest est l'auteur le plus flamboyant que j'ai rencontré sous le ciel de la chanson française. »

Sa biographie : fr.wikipedia.org

Alice

Dans le sable silice
Et son iris salace,
En silence se glisse
Ma pupille de glace.

Dans le sable si lisse,
Alice se délasse ;
C'est pour elle un délice
Quelque peu dégueulasse.

Tout à coup se délisse
De sa toison mélasse
Un parfum de mélisse,
Puis elle la délace.

Et c'est alors qu'Alice,
Poussant un cri fallace,
Dévoile son calice
Au crin doux et filasse.

Là, s'enlise le vice,
Jusque dans sa crevasse
De couleur écrevisse
Et par endroit lavasse.

Son pistil se hérisse,
Son iris me harasse ;
Je cherche la matrice,
Et mon os s'encuirasse.

Donc je sors l'artifice ;
Elle fait volte-face,
J'écarte l'orifice ;
Sa pupille s'efface.

Avant que je salisse
Sa ventouse si lasse,
Je quitte la silice,
Et sa croupe salace.

 

Dimitri Defrain

Son blog : http://dimitridefrain.kazeo.com/

Petit poème coquin

Pour un téton qui frise 
Qui te met en émoi 
Si je te fais la bise 
Resteras-tu de bois ?

Est-ce dû au désir ? 
Est-ce dû à la brise ? 
Tairas-tu ton plaisir 
Dressé droit comme un if ?

Qu'importe le motif
Vite, vite réchauffe-moi !

 

Véronique Noé

Son blog : http://lilylaplume.over-blog.com

Je flanche entre tes hanches

Mon appétit ne flanche pas entre tes hanches, 
J'ai une salive de désir en avalanche, 
Ma tête se penche sur la belle, délicieuse revanche, 
Je me délecte du pain sur ta planche. 

Je n'ai plus aucun prétexte 
Pour ne pas dévorer le texte 
Qui s'écrit d'une encre sans complexe 
Dans les plis discrets de ton sexe. 

Je m'aventure sans une rature. 
Dans les voilures de ta cambrure, 
Sentant monter ta fièvre au fur et à mesure 
Je bats la mesure sous ta dentelle d'azur. 

Je suis le miel, l'abeille sur ta ruche, 
A butiner l'eau de ta cruche, 
La langue dans ton labyrinthe semé d'embuches, 
C'est un vrai plaisir quand je gamahuche.

 

Lionel Daigremont

Son blog : http://yonl-poete.blogspot.fr/

Recto verso

Passe ta main, recto verso,
Le long de ma main pour commencer.
Tu fabriqueras de la chaleur,
Au point de départ de nos désirs,
Un cran, deux crans, jusqu'au dernier,
Dans le sens du poil, à rebrousse-poil,
Allers-retours qui montent en grade
Dans la plongée vers l'infini,

Passe ta main, recto verso,
Partout où mène le hasard
D'un aparté qui fait des vagues,
Cliquant, zappant,
Sur mes points faibles et mes points chauds, 
Certains plus hauts, d'autres plus bas,
De mes reliefs et de mes creux
Qui font la loi de nos amours.

Passe ta main, recto verso,
Dans les balades qui font florès.
Un mot de passe que tu connais
Du bout des doigts donnera le ton
De la chanson qu'à quatre mains
Et à deux voix ou à deux souffles
Nous chanterons à l'unisson
Qui fera le plein de nos nuits d'amour.

 

Jean Saint-Vil

De nationalité haïtienne, Jean Saint-Vil, né en 1945, a fait ses études en Haiti et en France. Il est titulaire d'un doctorat en géographie. Ayant redécouvert la littérature, il se passionne pour la poésie, traitant de tous les thèmes, de l'amour à l'humour pur en passant par la nature, la réflexion philosophique et l'autobiographie.

Première soirée

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

- Je regardai, couleur de cire
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche ou rosier.

- Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.

Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : “Veux-tu en finir !”
- La première audace permise,
Le rire feignait de punir !

- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
- Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : “Oh ! c’est encor mieux !

Monsieur, j’ai deux mots à te dire…”
- Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D’un bon rire qui voulait bien…

- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

 

Arthur Rimbaud

Sa vie, son oeuvre

A chuchoter

Si je n'avais connu la caresse de tes mains
Jamais je n'aurais su que douceur est chaleur

Si je n'avais senti tes lèvres sur mes reins
Jamais je n'aurais su que chaleur est frisson

Si je n'avais dormi dans tes bras si câlins
Jamais je n'aurais su que frisson est tendresse

Si je n'avais ouï ton coeur battre, endiablé
Jamais je n'aurais su que tendresse est passion

Si je n'avais goûté à ta bouche enflammée
Jamais je n'aurais su que passion est fusion

Et tu donnes la musique à ma Vie
Et tu donnes à mes gestes leur poésie
Et tu donnes à mon Ame son "Sel de Vie"

 

Véronique Noé

Victoire

Donne-moi tes baisers amers comme des larmes,
Le soir, quand les oiseaux s’attardent dans leurs vols.
Nos longs accouplements sans amour ont les charmes
Des rapines, l’attrait farouche des viols.

Repousse, délivrant ta haine contenue,
Le frisson de ma bouche éprise de ta chair.
Pour crier ton dégoût, dresse-toi, froide et nue,
Comme un marbre funèbre aux lueurs d’un éclair.

Tes yeux ont la splendeur auguste de l’orage…
Exhale ton mépris jusqu’en ta pâmoison,
O très chère ! — Ouvre-moi tes lèvres avec rage :
J’en boirai lentement le fiel et le poison.

J’ai l’émoi du pilleur devant un butin rare,
Pendant la nuit de fièvre où ton regard pâlit…
L’âme des conquérants, éclatante et barbare,
Chante dans mon triomphe au sortir de ton lit.

 

Renée Vivien (1877-1909)

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. A l'abri du besoin par un héritage paternel conséquent,  elle voyagea beaucoup à travers le monde. En 1899, elle s’installe définitivement à Paris et prend un nom de plume : René Vivien, prénom qu’elle féminise ensuite en Renée. De 1901 à 1909, l’intense production littéraire et poétique se mêle à des tentatives de suicide. Renée vit le spleen baudelairien, se drogue, boit de plus en plus d’alcool en solitaire.
Renée Vivien fut la première poétesse francophone à exprimer ouvertement son amour physique pour les femmes et la deuxième femme francophone ; après Mme Dacier au XVIIe siècle, à traduire l’œuvre de Sapho en français. 

Sa vie, son oeuvre

Phryné l'hétaïre

Ô gorge déployée
Ravissants renflements 
Où mon âme noyée
Bût amoureusement !

Ô délicieux goût,
Lactescence sucrée
Du soleil du mois d’août,
Ivresse idolâtrée !

Ô chaudes aréoles
Et tétons merveilleux
Qui mieux que des paroles
Ou des soins vétilleux

Ont apaisé ma soif 
Et ma crainte des ombres
Et de mes doigts la soif
Du toucher sans encombre !

De Phryné l’hétaïre
Vous sauvâtes le corps
Des juges qui haïrent
Ses talents des décors.

N’en déplaise à certains
Du palais la mémoire
Cherchera au lointain
De l’oral ce ciboire. 

C’est dans les profondeurs
Des palpations sauvages
Ou des succions d’ardeurs
Que je vais aux nuages.

Et habillés de soie
Délicieux tétins
Vous éclairez de joie
L’aube de mes matins.

 

Damy Tangage

Phryné est une hétaïre (prostituée) de la Grèce antique. D’une grande beauté, elle est célèbre pour… ses tarifs et sa clientèle d’artistes et d’aristocrates. 
Accusée par un ancien amant, elle est défendue par l’orateur Hypéride qui dévoile sa poitrine à la cour. Il emporte ainsi la faveur du jury.

Signature d'amour

Je trace sur ta peau cette douce caresse 
Qui dépose en passant l'empreinte d'un frisson ; 
Avides de plaisir, nos corps avec adresse 
Se mêlent langoureux, bercés à l'unisson.

Gerbe d'enchantement amène de tendresse, 
Qui délivre en son sein l'amoureuse moisson. 
Éclats de jouissance alanguis de paresse 
Où se noient les désirs de bien belle façon.

Mes mains, voyageuses, parcourent ton visage, 
S'aventurent aussi par tes monts et vallons, 
Où d'un souffle divin, l'érotique massage

Produit gémissements et bien tendres émotions. 
Joyeusement mes doigts, toujours à l'aventure 
Continuent d'imprimer leur douce signature.

 

Tony Brivois

Rimes libertines

Dans nos nuits
Enrobées de volupté
L‘amour nous donne l'
Ivresse, guide nos
Caresses, appelle nos
Ebats amoureux
Sur notre lit de Plaisir !

Perles de désir
Lascives et ardentes
Au creux de nos reins...
Il dépose l'envie
Sur ma bouche,
Ivre de son corps, je
Réveille sa Sensualité !

Sur ma peau offerte
Elles voyagent mutines,
Nimbant mes seins,
Sculptant sur mes courbes
Un univers de plaisir...
Attisant mes sens,
Langoureuses et tendres,
Insatiables et gourmandes,
Tes lèvres gravent sur mon corps,
Eternelle Volupté !

Vivre avec Toi l'extase
O mon tendre amant...
Libertins et sensuels,
Unis d'une même
Passion, le désir
Tatoué sur nos peaux
Envieuses de Délices !

Véronique Audelon

Après une enfance passée à Forcalquier dans les Alpes de Haute-Provence et un bref arrêt à Marseille, Véronique Audelon s'est installée à Salon de Provence.
Elle dessine et écrit des poèmes depuis l'adolescence. Son univers d'auteure balance entre poésies, nouvelles et romans. Son premier roman, "Emmurée", est paru en février 2011. Puis "Le Cahier" publié en décembre 2014.
Elle partage son temps entre son activité de maquettiste PAO free lance et sa passion l'écriture. 

Son nouveau site :
https://poesime.wixsite.com/un-univers-de-mots

Dessous de table

Te souviens-tu, Fannie, de ce dîner mondain
Où nous étions assis, attablés face à face,
Quand nos regards fuyants se sont trouvés, soudain,
J'ai bien lu dans tes yeux un appel à l'audace

C'est à dessein, je me souviens, que tu as feint
Poliment, d'écouter un monsieur ennuyeux
Et sur la nappe blanche, vaguement, ta main
Dessinait des lignes aux contours mystérieux

Tu ne disais plus rien, plongée dans tes pensées
Mais j'ai pu deviner les ombres d'un désir
En te voyant ouvrir ton col et t'éventer,
J'ai bien vu sur tes lèvres un invitant sourire

Mon voisin me parlait de la hausse des coûts
Seule, m'intéressait, la veine de ton cou
J'aurais pu la sentir battre au bout de mes cils
Un désir rampant insinuait mes sens reptiles

Sous la table garnie, ont gonflé mes envies
Délaissant mon soulier, j'ai remonté tes cuisses
Une goutte a perlé sur le membre rougi,
J'ai bien senti mon pied atteindre l'orifice

Tant de brutalité me faisait chavirer
Comment dans cette sc ène conserver la face
Adieu la vie chère, ma chair était diluée
Il s'en fallut de peu que je ne m'esclafasse

Invitée au dessert je remontais ma jupe
Une jambe glissa entre tes deux genoux
Où s'échauffaient les mets de ce repas de dupe,
Ennivrée de plaisirs si complices entre nous

Après un Chavignol arrosé de Bordeaux
La corbeille de fruits servit à nos fantasmes
Tu pris une banane, et moi un abricot,
J'ai bien cru renverser en atteignant l'orgasme...

Ecrit en duo par Muscaris et Tristanic

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Ma Mélanie

A des manies
Souvent au lit
Quand elle lit
Je vois sa mine
Qui s'illumine
C'est sa mimine
Qui la câline
Elle coulisse
Entre ses cuisses
De là s'immisce
Dans l'interstice
Et se lutine
Ah la coquine
A la racine.
Qu'elle est mutine !
Ça la titille
Ça m'émoustille
Sa jambe lisse
Vers moi se hisse,
Mon appendice
Qui se hérisse
Est un indice
De ces prémisses
Que je devine.
Fente divine
Mi-brigandine
Mi-guillotine
Je m'habilite
Tant ça palpite
Grand sybarite
Bernard l'ermite
Pour une nuit.
Alors je suis
Son cucurbite
Telle une truite
Hermaphrodite
Plongeant j'agite
Mon mégalithe
Ce feu suscite
De l'eau de vie
Sur nos pelvis
Une subite
Météorite
Soudain surgit
Tout s'élargit
Et s'obscurcit
Des cris aussi
Sexes indivis
Sens de la vie
On remercie
Puis rétrécit
Mais Mélanie
N'a pas fini
Son vis-à-vis
Veut un suivi
On sent le bis
Sur nos pubis…

André Cayrel

Caresse

Coule, coule- moi sur toi, sable tiède ruisselant,
Epousant la courbe de tes épaules fraîches.
Coule-moi sur ton sein, j'irrigue ton bouton
D'une liqueur d'ambre et glisse sous l'aisselle.
Coule-moi sur ton dos, jusqu'au creux de tes reins,
Un grain brûlant s'égare, plus loin entre tes fesses.
Coule-moi sur ton ventre, après un tourbillon,
Dans le nœud de ta vie, je vais chercher fortune,
Dans le wadi ombré, d'une pluie opportune.
Coule-moi plus bas, entre tes lèvres closes,
Je viens glisser la perle sur ton bouton de rose
Et retrouver le cours des sources d'Adonis,
Pour m'enfuir dans ta grotte, y dessiner d'argile,
Sur les parois vibrantes, l'extase de ta jouissance.

 

Jolkero

Echos manuels

Tes mains partent en campagne,
elles sèment la pagaille,
à ce jeu, c'est toujours toi qui gagne,
et retrouve mes failles...

Tes mains partent à la dérive,
témoins de l'écume à mes lèvres,
elles vont et viennent à la rive,
à chaque fois, renaît ma fièvre...

Tes mains savent si bien y faire,
elles passent toutes les grilles,
elles jouent même au lierre,
d'un rien, me déshabillent...

Tes mains savent tous mes chemins,
même sans cailloux blancs,
elles me content une histoire de faim,
et se moquent du prince charmant...

Tes mains rassemblent mon corps
elles me donnent la monnaie de ma pièce,
moi qui ne roule pas sur l'or,
elles me font l'amour en l'espèce...

 

Pascal Modimo

Né en 1963, Pascal Modimo écrit depuis l'adolescence, au début des textes pour un groupe de rock dont il était le chanteur. Ensuite, il s'est vaguement essayé aux nouvelles et aux scénarii de bandes dessinées. En 2004 il a repris l'écriture avec bonheur et profusion, jonglant avec les mots dans de courts textes poétiques qu'il met sublimement en page sur son blog. Car l'artiste poète est aussi un talenteux photographe. 
Modimo puise son inspiration dans un large palette qui va des contes pour enfants à la littérature érotique pour adultes, en passant aussi bien sûr par les images, que ce soient des photographies ou des films, "toujours en quête de l'humain, failles comprises…". Il mêle dans ses textes autobiographie et fantasmes universels, le maître mot restant le partage des émotions : " des étoiles dans vos yeux, alors forcément dans les miens. Je suis un incorrigible guetteur d'étoiles…"

Son blog :
http://modimo.canalblog.com/

L'amour est cerise

Rebelle et soumise
Paupières baissées
Quitte ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps pressé
C'est partie remise
Pour aller danser

Autant qu'il nous semble
Raisonnable et fou
Nous irons ensemble
Au-delà de tout
Prête-moi ta bouche
Pour t'aimer un peu
Ouvre-moi ta couche
Pour l'amour de Dieu

Laisse-moi sans crainte
Venir à genoux
Goûter ton absinthe
Boire ton vin doux
O rires et plaintes
O mots insensés
La folle complainte
S'est vite élancée

Défions le monde
Et ses interdits
Ton plaisir inonde
Ma bouche ravie
Vertu ou licence
Par Dieu je m'en fous
Je perds ma semence
Dans ton sexe roux

O Pierrot de lune
O monts et merveilles
Voilà que ma plume
Tombe de sommeil
Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu

Rebelle et soumise
Paupières lassées
Remets ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps passé
C'est partie remise
Pour aller danser

 

Jean Ferrat (1930-2010)

Sa vie, son oeuvre

Printemps

Tendre, la jeune femme rousse,
Que tant d'innocence émoustille,
Dit à la blonde jeune fille
Ces mots, tout bas, d'une voix douce :

"Sève qui monte et fleur qui pousse,
Ton enfance est une charmille :
Laisse errer mes doigts dans la mousse
Où le bouton de rose brille,

"Laisse-moi, parmi l'herbe claire,
Boire les gouttes de rosée
Dont la fleur tendre est arrosée,

"Afin que le plaisir, ma chère,
Illumine ton front candide,
Comme l'aube l'azur timide."

 

Paul Verlaine (1844-1896)

Sa vie, son oeuvre