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Thème : Homme


Credo
Lucien JACQUES

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Je crois en l'homme
Je crois en l'homme, cette ordure,
Je crois en l'homme , ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.


Je crois en l'homme, ce tordu, cette vessie de vanité.
Je crois en l'homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boute-feu, ce fouille- merde.
Je crois en l'homme, ce lèche sang.


Malgré tout ce qu'il a pu faire
De mortel et d'irréparable.
Je crois en lui
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.


Pour son vertige devant l'étoile,
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l'eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.


Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s'est tendue
Pour un regard qui s'est offert.
Et puis surtout et avant tout
Pour le simple accueil d'un berger.

 

© Lucien JACQUES
Extrait de C’était hier et c’est demain - Ed. Seghers, 2004

 

Lucien JACQUES, dans les années 50, crédit photo Marcel Coen

Lucien Jacques
(1891-1961)

Homme aux multiples talents, poète, danseur, peintre, potier, dessinateur, graveur, éditeur, Lucien Jacques découvre Giono, en 1921. Bien qu'antimilitariste, il participe au premier conflit mondial. En tant qu'artiste, il est versé dans la section Musique où il se lie avec Alexandre Noll. Démobilisé, il publie ses poèmes de guerre, et crée les « Cahiers de l’Artisan » consacrés à un seul auteur par n°, avec un bois gravé en frontispice.
Pendant cette période , il fait la connaissance de grands écrivains comme Henri Poulaille, Jean Paulhan, Louis Guilloux, Jean Guehenno, André Gide. Pour raisons de santé, il gagne la région de Manosque, qui lui inspire une production abondante de dessins, fresques, panneaux décoratifs, statues, tapisseries et surtout aquarelles et gravures. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s'isole sur la Montagne de Lure et vit avec les bergers. Il continue à écrire, à peindre et à recevoir les amis contadouriens qui veulent prolonger les "rencontres" . Cette période noire passée, Lucien Jacques s'installe à Montjustin, près de Manosque, qu'il veut transformer en village d'artistes. Peintres, écrivains et poètes s'y arrêtent à chaque occasion. C'est pour lui une époque prolifique, où il voyage, expose, crée et édite beaucoup. Plus tard, il s’installe à Gréoux les Bains et retrouve avec émotion, dans l’atelier du cordonnier Yvon Michel, les odeurs et visions de son enfance. Il publie ses souvenirs du service militaire « La Marche militaire » en 1956. Il expose à Rome, Arles, Nîmes, Aix en Provence, Marseille, Paris, Nice, Menton. En 1960, il participe au tournage de Crésus, le film de Giono, devenant décorateur et accessoiriste de film, bien que fatigué par sa maladie. Il meurt en 1961 d'un cancer de l'estomac, après plusieurs mois de souffrance.
→ Sa biographie sur Wikipédia

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