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Thème : Temps / Vie


Le temps de vivre
Henri GOUGAUD

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A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux

 

Je voudrais faire un jour de gloire
d’une femme et d’une guitare
d’un arbre et d’un soleil d’été
Je voudrais faire une aube claire
pour voir jusqu’au bout de la terre
des hommes vivre en liberté
Assis entre deux équilibres
dans ce monde qui se croit libre
et qui bâtit des miradors
je voudrais bien que nul ne meure
avant d’avoir un jour une heure
aimé toutes voiles dehors

 

A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux

 

De mes deux mains couleur d’argile
je voudrais bâtir une ville
blanche jusqu’au-dessus des toits
Elle serait belle comme une
chanson du temps de la Commune
bâtie de bonheur hors-la-loi
Et puis que le printemps revienne
pour revoir à Paris sur peine
des enfants riant aux éclats
Lorca errant dans Barcelone
tandis que l’abeille bourdonne
dans la fraîche odeur des lilas

 

A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux.

 

© Henri GOUGAUD

 

Henri Gougaud

Henri Gougaud (1936)
Né à Carcassonne, Henri Gougaud est à la fois écrivain, poète, conteur et chanteur français mais aussi occitan. Il est notamment parolier pour Juliette Gréco, Jean Ferrat, Serge Reggiani et Marc Ogeret. Producteur de radio et romancier, il dirige également les collections La Mémoire des sources et Contes des sages aux éditions du Seuil.
→ Site officiel

→ Citation(s)
Le sommeil des hommes est à nos anges visiteurs ce qu'un jardin est aux enfants.
L'amour donne à qui aime.
On n'oublie jamais ce qu'on aime.
La mort n'est rien, elle est sans cesse derrière vous, elle est la poussière de vos semelles. La vie est devant, toujours devant, allez à elle, ne vous retournez jamais.
Les vrais chemins sont ceux du coeur, pas ceux du monde.
Supprimer le désir pour ne penser qu'aux nécessités ? Autant se couper les pieds pour n'avoir plus besoin de chaussures.
Il est des routes qui vont au feu, d'autres aux cimes, d'autres aux villages. À chacun la sienne. J'ignore ce qu'est la pureté, mais je sais que la folie est de ne pas suivre sa route.

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