→ Les poèmes remarqués au concours

Comme stipulé à l'article 5 du règlement du concours Poetika, « les textes n’ayant pas été classés au Palmarès mais remarqués par le jury feront éventuellement l'objet d'une mise en ligne sur le site. »
En ces premiers jours pluvieux de juillet, j'ai enfin pris le temps de les mettre en ligne !
Création de la page : 12 juillet 2021

y
Posté le 14/07/2021

Poésie et Musique
(en hommage à Tyard)

Aux temps anciens du Mythe où germait la Parole,
Le fleuve des beaux-arts s'était un jour tari ;
L'Olympe alors tonna, puis dans ce hourvari,
Sourdirent deux ruisseaux découplés à la trolle.

L'un chantait tout à tour Erato, Calliope,
S'écoulait du Parnasse en purs alexandrins ;
Dans son double vallon flânaient des malandrins,
Frères humains touchés par la grâce myope.

Celui-ci s'abreuvait en absinthes amères,
Alcools de fleurs fatals aux amants exilés,
Diamantait pourtant les rêves étoilés
De conquérants du ciel affranchis de chimères.

Il invitait encore, à bord de bateaux ivres,
Des sylphes voyageurs aux semelles de vents
Et ses flots charriaient, loin du monde d'avant,
De vertes feuilles d'herbe où poussaient de vrais livres.

L'autre musait au son de la flûte d'Euterpe,
Grisait l'après-midi d'un faune ou des ondins,
Enamourait Chloé, dont les rayons blondins
Dansaient pour son Daphnis à la solaire serpe.

Celui-là résonnait d'un carillon magique
Quand le souffle enchanté dissipait tout ennui
Et le maître du temple, en repoussant la nuit,
Des mystères d'Isis occultait le tragique.

S'embrassèrent adonc, en douce syntonie,
Les rives de ces cours, de rimes et d'accords ;
Par les ailes d'Eros, ils unirent leurs corps
Et fondirent d'extase en la mer d'Harmonie.

Telle est la fable antique, au gré de Pasithée,
Dont Pontus de Tyard a transmis le secret,
Depuis lors, le Poète avive sans regret
La flamme du voleur, funeste à Prométhée.

© Charles-Henry MASSA

Charles-Henry Massa
BELGIQUE (résidant en Allemagne)
Cet auteur a obtenu le Premier Prix en 2019 avec le texte : Rondel à Notre-Dame.

y
Posté le 14/07/2021

Le gemmeur ou le résinier

Le gemmeur arpentait la pinède landaise
Dès la point de l'aube à l'esquisse du soir,
D'un entrain naturel sans aucune fadaise
Centuplait son travail d'un unique savoir.

Au massif forestier, un gascon d'origine
Avec sa palinette entaillait un grand pin
Afin de récolter une pure résine
Qui tombait dans un pot nullement opalin.

Ses pas faisant gémir un doux tapis d'aiguilles
En toute liberté parmi les échassiers,
Qui scrutaient l'horizon du haut de leurs béquilles
Surveillant les moutons quelquefois tracassiers.

Entre les genêts d'or comme un point de repère
Le faon se camouflait par crainte du gemmeur
Car l'homme au béret noir demeurait un mystère
Dans ce beau paysage au profil enchanteur.

Or l'époque ancestrale a fait place déserte
Par l'essor du progrès d'un acquêt lucratif
En ce temps effrangé ma plume très diserte
Contre le souvenir d'un trait démonstratif.

© Claudine GUICHENEY

Claudine Guicheney
33 - LANGON
Lauréate en 2019 et 2014 avec les textes :
Les rendez-vous en Aquitaine
A l'écume de l'encre

y
Posté le 14/07/2021

Jellal, mon frère

O Toi, mon ami noir des côtes du Soudan
Qui sais encor mon nom malgré le flux des ans,
Tandis que ma mémoire avait gommé le tien,
Oublié comme cendre en un passé lointain.

J'étais sur le récif, c'était un autre temps.
Ma vie s'était brisée en cinq cent mille éclats
Un peu plus mort que vif, j'étais aussi sans voix.
Le monde n'était plus qu'un abîme béant.

J'avais les lèvres sèches, tout encroûtées de sel,
Et ne coulaient en moi que des litres de fiel.
Je suis tombé chez toi comme on peut choir d'un toit
Tu as seulement dit : "Mange, restaure-toi..."

Tu m'as alors nourri de tes pois, de tes fèves
M'offrant les fins morceaux de tes simples repas
Comme si de manger faisait tomber la fièvre
Et si de partager trompait le désarroi.

S'il y eut entre nous, intacte, l'harmonie
C'est qu'au premier coup d'oeil nous nous sûmes amis
N'ayant pas à l'esprit cette idée misérable,
Que nos couleurs de peau nous faisaient dissemblables,

Par tout cela je dis, j'en fais aussi ma cause :
Tu as sauvé en moi l'espoir en "Quelque Chose"...
Toi, tu es de l'Islam et je ne crois en rien,
A ce sujet s'opposent tes frères et les miens
Pour savoir qui d'Allah ou de l'Homme sans Dieu
Rend le monde meilleur, plus miséricordieux.

Mais moi, fait de la chair dont étaient faits les Francs,
Voyant le Feu de Dieu dévaster cette Terre,
J'éteins toujours ma haine, attisée par le vent,
Quand je pense à ton nom et au Dieu que tu sers...
© Thierry MONTAGU

Thierry Montagu
83 - MOISSAC-BELLEVUE

y
Posté le 14/07/2021

Mystérieux vagabond

Le crépuscule est d'or au-dessus du vallon,
Au loin, un homme va, la silhouette tremblante,
Il va d'un pas pesant et sa démarche est lente
Avec sur son épaule un petit baluchon.

Le dos courbé, il va, mystérieux vagabond.
A-t-il faim, cherche-t-il une table accueillante,
Un âtre à la flamme dansante et bienfaisante ?
Porte-t-il le fardeau de sa désillusion ?

Toi, le passant d'un soir, à l'habit poussiéreux,
Tu vas sur le chemin où ton ombre s'allonge,
Je te vois comme dans un évanescent songe.

Le soleil t'escorte en mourant à petit feu
Et tu disparais dans le lointain horizon
Avec la tristesse des choses qui s'en vont...

© Philippe PAUTHONIER

Philippe Pauthonier
77 - MONTEREAU-SUR-LE-JARD
Autre texte remarqué :
Satanés concours de poésie

y
Posté le 14/07/2021

Mon châtaignier, mon confident (pantoum)

Quand l'automne rougit, partons à la cueillette,
Sous le dernier soleil les enfants sont heureux.
Mais las ! Ces souvenirs tombent dans l'oubliette !
Devant le temps passé, mon coeur devient peureux.

Sous le dernier soleil les enfants sont heureux.
J'entends toujours leurs cris et leurs rondes joyeuses
Devant le temps passé, mon coeur devient peureux.
Je ne suis pourtant pas comme ces vétilleuses !

J'entends toujours leurs cris et leurs rondes joyeuses
Sous le grand châtaignier, j'aime à me souvenir.
Je ne suis pourtant pas comme ces vétilleuses !
Or mon coeur est bien gros, du triste devenir.

Sous le grand châtaignier, j'aime à me souvenir.
Mais devenu trop vieux, fini c'est l'abattage !
Or mon coeur et bien gros, du triste devenir.
De ces bêtes regrets, vais-je faire battage ?

Mais devenu trop vieux, fini c'est l'abattage !
Tu ne sèmeras plus ton feuillage roussi.
De ces bêtes regrets, vais-je faire battage ?
Comme toi, je serai leur tout dernier sourci.

Tu ne sèmeras plus ton feuillage roussi.
Débité, tronçonné, fin de l'historiette.
Comme toi, je serai leur tout dernier sourci
Quand l'automne rougit, partons à la cueillette !

© Françoise BIDOIS

Françoise Bidois
D'origine brestoise, Françoise Bidois a été enseignante puis a continué sa carrière dans l'artisanat en couture-confection. Sociétaire des Ecrivains de Vendée, elle a également dirigé un atelier d'écriture pendant dix ans et participé à de nombreux concours de poésie. Elle a publié plusieurs recueils ainsi que des contes et nouvelles.
Lauréate en 2020 (2ème Prix).
Textes de l'auteure sur le site :
La mer et la bouteille
C'est le temps des voeux
Vieux Papa, où es-tu ?

y
Posté le 14/07/2021

Parenthèse

Les longs panaches blancs ont déserté le ciel.
Seul le vol des corbeaux attire mon regard
Mais laisse dans mon âme un âpre goût de fiel.
Les bruits sont assourdis comme un chant de départ.

Le temps s'est allongé, l'esprit est en errance
Vers de nouveaux ailleurs, de nouvelles lumières,
Des terres inconnues, des désirs de partance
Que je vivrai un jour, le coeur en bandoulière.

Je reste là figé, le nez dans les étoiles,
Feuilletant des images, des photos archivées.
Je relis de vieux livres, je me fais une toile.
Les vers de Baudelaire me font toujours rêver.

Je mesure soudain le juste prix des choses.
Le meilleur de la vie, oublié, ressurgit.
La voix de mes amis et le parfum des roses
Apaisent mes tourments et mon âme meurtrie.

Je rouvrirai ma porte pour respirer cet air,
Ces odeurs disparues que je n'espère plus.
Ils auront la doucleur de la brise de mer,
Caressante et iodée tout au bout de ma rue.

Nous étions confinés des jours et des semaines,
Avions perdu l'espoir de savourer la vie.
Dans ce sombre tunnel, cette funeste arène
J'entrevois l'horizon, là-bas une éclaircie.

Parenthèse haïe, parenthèse honnie,

Puisses-tu nous offrir les clefs d'un nouveau monde
Où règnerait enfin un peu plus d'harmonie
Au lieu de nous léguer une terre qui gronde.

© Patrick VENTURE

Patrick Venture
Cet auteur a découvert le plaisir d’écrire au sein d’un atelier d’écriture dont il est membre depuis plus de vingt ans. Il y a développé et enrichi son goût pour la poésie. Il écrit des poèmes depuis une dizaine d’années. La musique des mots, les faits de société, le temps qui passe, l’art sous toutes ses formes, la nature et les saisons, l’amour, sont ses thèmes de prédilection. Il aime à travers ses poèmes raconter une histoire et privilégie une poésie rimée en alexandrins. Ses poèmes sont souvent primés aux quatre coins de la France. Au sein de l’association « Robion et ses passeurs de mots », il participe à des lectures et à des spectacles de poésie dans son village labellisé village en poésie depuis 2003. Lauréat du concours en 2020 (3ème Prix).
Textes de l'auteur sur le site :
Rêves d'un poète
Ces héros du quotidien

y
Posté le 14/07/2021

Patrimoine oblige

Les portraits des aïeux encadrés d'or éteint
Considèrent d'un oeil, au vrai pas très amène,
La foule des intrus qui chez eux se promène
Troublant sans s'émouvoir leur sommeil au matin.

Le visiteur opine au savant baratin,
L'hôte avec éclat fait l'honneur de son domaine,
Sans oublier c'est sûr, la faiblesse est humaine,
La chaise où déclamait son aïeul en latin.

Les salons d'apparat, l'antique laiterie,
Le colombier, la tour, plus loin l'orangerie
Accueillent les voisins à chaque bout de l'an.

Madame la baronne à la mine amusée
Ouvre la porte en grand de sa maison-musée
Aux enfants de ceux qui bâtirent Château Blanc.
© Marie-Claude GALLOYER

Marie-Claude Galloyer
78 - MESNIL-LE-ROI
Lauréate en 2019 et 2010
Ses textes :
La voix de la conscience
De Marrakech

y
Posté le 14/07/2021

La poussière d'étoile

Dans le cadre figé sous le rayon du soir,
Un tendre reflet d'or effleure tes cheveux.
Un grain de sable vole et me brouille la vue
Alors qu'un éclat brille à l'ombre de tes cils.

Un tendre reflet d'or effleure tes cheveux,
La pulsion de ta main intensément salue.
Alors qu'un éclat brille à l'ombre de tes cils,
Une explosion d'envies force mon désespoir.

La pulsion de ta main, intensément salue,
Se préservant encore des sermons inutiles.
Une explosion d'envies force mon désespoir
Pour l'unique nova de mon ciel écumeux.

Se préservant encore des sermons inutiles,
Dans le cadre figé sous le rayon du soir,
Pour l'unique nova de mon ciel écumeux
Mon coeur reste en suspens, à jamais retenu.

© Sylvette RICOINE

Sylvette Ricoine
2ème Prix en 2019 avec ce texte :

La dune

y
Posté le 14/07/2021

Satanés concours de poésie

Dans les concours de poésie,
On me parle en termes abscons,
Je les écoute tout ahuri,
J'ai vraiment l'air d'un con !

Il paraît que les rimes ont un sexe,
Masculin ou féminin,
J'en suis tout perplexe.
Je trouve cela plutôt coquin !

Si des rimes masculines
S'entrelacent avec des féminines,
La strophe deviendra-t-elle câline ?
Tout cela me turlupine !

La poésie est inégalitaire
Avec ses rimes pauvres et riches.
Où est donc la justice littéraire ?
Je trouve cela par vraiment chic !

J'aurais dû écrire en rimes riches,
Et même avec des acrostiches,
Pour vendre mes oeuvres une fortune
Et amasser beaucoup de tune !

Un quidam m'a présenté le sonnet
Son nombre de vers, de pieds...
Cela m'a fait beaucoup de mal,
J'ai réalisé que les miens étaient bancals.

Une rombière m'a expliqué l'alexandrin,
Sa métrique et ses hémistiches.
J'ai constaté que j'étais dans le pétrin,
Pour, en alexandrins, écrire sur ses miches.

Mais pourquoi autant de rigidité ?
La poésie doit être spontanéité.
Je continuerai à composer mes poèmes
Avec mon coeur comme je les aime !

© Philippe PAUTHONIER

Philippe Pauthonier
77 - MONTEREAU-SUR-LE-JARD

Autre texte remarqué :
Mystérieux vagabond

y
Posté le 14/07/2021

Acrostiches musicaux

DOciles, paisibles, débuts pianissimo,
RÉaction de sa majesté violon piano,
MIse en colère des cuivres, mezzo piano,
FAcétieux violon reprend seul mezzo forte,
SOListes qui se succèdent mezzo piano,
LA baguette donne le ton, mezzo forte,
SIlence de courtoisie, orchestre forte,
DOmmages collatéraux, fin fortissimo !

Le concerto pour violon ainsi s'achève.
Les volubiles notes ne font qu'une trêve ;
Demeurez ! Débute un renversant concerto !

L'orchestre qui s'installe, armé commanDO
A la baguette le chef, gesté assuRÉ
Silence demandé, spectateur a fréMI
Concerto pour violon peut débuter en FA
Splendide enceinte, son vibre plafond et SOL
Instruments parfaitement accordés au LA
Emotions, sensations, concert très réusSI
Virtuoses, osmose, violon crescenDO
© Hervé CORRADI

Hervé Corradi
83 - BANDOL

y
Posté le 14/07/2021

Sérénité

L'océan somnolait en cette mi-journée,
Agrémentant sa sieste d'un tendre ronflement.
Tout là-haut dans le ciel, suspendant sa tournée,
Le soleil se livrait à des attouchements

Avec une poignée de beaux nuages blancs
Dont les bords colorés trahissaient l'émotion.
Le chardon conquérant et l'iris odorant
Roucoulaient sur la dune, attisant leur passion.

L'air lourd et sensuel se frottait sur les pins
Qui crissaient de plaisir. Le sable s'ennuyait
Sur la plage déserte : les beaux jours s'enfuyaient...

Mais le bonheur restait car son cycle est sans fin.
L'automne s'annonçait avec simplicité.
Tout respirait la calme et la sérénité.
© Georges PUYOO

Georges Puyoo
31 - TOULOUSE

y
Posté le 14/07/2021

Fraises et fleurs

Je me souviens d'un soir où ta jeune impudence
Apporta du brandy sur un plateau d'argent ;
La pénombre affichait un sourire engageant ;
L'intermède amical invitait à la danse.

Nous étions en désir d'une douce imprudence
Et comprîmes alors, d'un regard convergent,
Que nous pourrions toucher le ciel en partageant
Un dessert naturel, sur fond de confidence.

Apparurent bientôt des fraises et des fleurs
Sous un voile subtil qui porte les ardeurs
Du désir féminin, quand l'amour se veut libre.

Et nous avons connu cette complicité
Faite d'un étonnant et joyeux équilibre
Où la nuit mise tout sur l'excentricité.

© Maurice VIDAL

Maurice VIDAL
34 - MONTFERMIER/LEZ

y
Posté le 14/07/2021

Le cadran solaire

Ancré solidement dans un mur au soleil
Un stylet écrivait et l'heure et la saison
Sur un cadran solaire finement décoré.
Son ombre projetée avançait tout pareil
Au temps qui s'écoulait à travers les saisons,
Inéluctablement, sous le soleil doré.

Mais par delà le temps que le cadran marquait
C'est la course infinie des éléments cosmiques
Qui s'affichait ainsi au mur de la maison :
La terre en rotation d'où les heures naissaient,
Notre voyage annuel au plan de l'écliptique
D'équinoxe au solstice à travaux les saisons.

Perdu dans l'univers s'envolait mon cadran
Dans les années lumières de la ronde étourdie
Des amas galactiques d'un monde en expansion.
Mais quel est l'horloger qui sortit du néant
La merveille infinie qui m'a donné la vie
Pour que je vois le temps s'écrire en impression ?

© Jacques RENNESSON

Jacques Rennesson
91 - EPINAY-SUR-ORGE
Mention Honorable au concours 2014 avec ce texte :
La main

y
Posté le 14/07/2021

Le ciel est comme un livre ouvert

Le ciel est comme un livre, un album géant
Où s'inscrivent, invisibles, des fables et des histoires.
Dans ce livre privé de son fermoir d'ivoire,
Les pages sont aveugles et les nuages blancs.

Il contient des énigmes en alphabet absent
De longs récits de vie, des rébus, des mémoires.
Des années de déboires et des instants de gloire
Il s'écrit au futur, au passé, au présent.

Au début de leur vie, les plus jeunes y gribouillent
Les tout premiers dessins destinés aux parents :
Des papas, des mamans aux profils hilarants,
Des bonhommes-foetus, des têtards à grenouilles.

Quand plus tard, maladroits, ils montrent leur talent,
Ils dessinent des bulles qu'ils remplissent de signes
Qui font dire aux héros les expressions moins dignes
Et les mots interdits qu'adorent les enfants.

Le vent tourne une page et, dans son désarroi,
Une jeune ingénue, en sa première tristesse
Y écrit, de ses pleurs, la poignante détresse
D'un coeur abandonné, d'un moi privé de toi.

Et puis, hommes et femmes, adultes, gens de bien,
Y tracent, responsables, de grands projets de vie
A peine pour tromper leur faim inassouvie
Et fuir des chemins qui ne mènent à rien.

Les années vont passant, et quiconque a vécu
Griffonne de sa main déjà vieille et tremblante
La saga des beaux jours et des heures troublantes
Afin d'être présent quand il ne sera plus.

Ce livre à ciel ouvert, ce grand abécédaire,
Lu, relu, réécrit, impossible à fermer,
S'abandonne à tous ceux qui veulent partager
L'ardeur de leurs prières, leurs écrits légendaires.

© Josette MADEIRA-FROIS

Josette Madeira-Froïs
PORTUGAL

y
Posté le 19/07/2021

Les premiers mots

Au chuchotis du vent, à l'aube qui s'efface,
Sur le sillon du jour, on entend comme un cri ;
Un enfant vient de naître et chaque instant frémit,
Devant la rose fleur que le matin enlace.

A l'heure tendre et belle aux reflets sertis d'or,
Dans sa bulle azurée, où baigne l'innocence
S'ensemencent les mots qui chantent l'existence,
Que le temps fait mûrir, pour lui donner du corps.

Lorsque s'ouvre un matin sa fragile corolle
Et disparaît le voile à l'entrée du berceau,
La fraîcheur de son rire est comme un chant d'oiseau
Au plaisir d'exprimer ses premières paroles.
© Jean-Pierre MICHEL

Jean-Pierre Michel
95 - JOUY-LE-MOUTIER

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