Au cœur de la Terre
Ballade d'un vieux terrien

J’ai connu notre ancien passé,
Des siècles et des décennies,
Un univers tout effacé
Où régnaient les dysharmonies,
Des choses belles ou honnies
Pour enchanter un historien.
Ces choses-là sont bien finies.
Oyez les mots d’un vieux terrien.
J’ai vu le roi controversé,
L’empereur avec ses manies,
Le peuple souvent courroucé,
Les révoltes jamais finies.
J’ai vu courir les calomnies,
Le grand seigneur, le galérien,
Les situations indéfinies.
Oyez les mots d’un vieux terrien.
Je sais aussi le long tracé
Des humains, de leurs avanies,
Le chamboulement exercé
Au fil de mille zizanies.
Demain verra les symphonies
D’un avenir épicurien
Ou le temps d’autres insomnies.
Oyez les mots d’un vieux terrien.
Princes loin des ignominies,
Écoutez parler un vaurien
Qui vous redit ses litanies.
Oyez les mots d’un vieux terrien.
Et le monde s'enlise

Ravi quand le soleil darde son grand sourire,
Il me hale la peau et caresse les fleurs,
C’est un petit plaisir, un chaud petit bonheur,
C’est un état de grâce où je ne sais que dire
Si le Monde s’enlise ou semble se détruire…
Béat Papy, je suis, quand mes petits-enfants,
D’une joie ingénue, un élan si candide,
Leurs joujoux, leurs « Pan ! Pan ! », font leurs lois d’intrépides,
Sans le savoir, déjà, un geste qui pourfend,
Et le Monde s’enlise… Imitent-ils les « grands » ?
J’ai tant d’amour, d’abord pour ma mie et mes proches,
Depuis que j’ai banni les pièges frelatés,
Depuis que vers l’Humain, dans ma réalité,
Je tends ou prends la main pour de saines approches :
Et le Monde s’enlise… incertain, il s’accroche !
J’embellis un couplet, je cultive mes mots,
Et je mets sur la page et autant que possible,
De la rime, du sens, du lucide plausible,
L’encre y a mis mes pieds sans gonfler mes propos,
Et le Monde s’enlise… éprouve mon ego…
Créatif est tout art et plein d’œuvres m’émeuvent,
Subtilement, souvent, qu’il est gai de vibrer,
Quand mon corps jouissif, s’il se met à cabrer,
Ressent de la superbe, apaise mes épreuves ;
Si le Monde s’enlise… ai-je peine pour preuve ?...
Mon cœur s’il n’est pas d’or laisse ses bras s’ouvrir,
Il sait beaucoup choyer, sa bonté se veut nette ;
Sauver quelque âme, aider… mais toute la planète,
Cette gageure-là, comment donc secourir,
Ce Monde qui s’enlise, esquinte l’avenir ?
Je ne suis pas donneur de leçon du malaise,
Se cultiver de tous est un vaste trésor,
Être bon pour soi-même est déjà bel effort,
A l’effet papillon mais par actions qui plaisent,
Peut-on sauver le Monde emplâtré de prothèses ?
Les armes sont partout, guerres nous lacérant,
Profit, intolérance et de sanglants grabuges,
Dictateurs affolants et leurs peuples qu’ils grugent,
Et des morts d’innocents, trop de belligérants,
Et le Monde s’enlise en se déshonorant…
La Terre nourricière, (en certains lieux, famine ?),
Peut produire pour tous vraiment assez de pain,
La misère pourtant met toujours son grapin ;
Ma sagesse impuissante et du coup je chagrine,
Et le Monde s’enlise, et le Monde décline…
Tant de progrès géniaux, et l’homme est presque « Dieu »,
Les revers du savoir, son miroir à deux faces :
En apprenti sorcier, le voilà volte-face
Devant les éléments dans un séisme odieux :
« Ô Toi Monde éprouvant, relèves-toi, pardieu ! »
Mon ciel bleu, mon soleil darde son grand sourire,
Il me hale la peau et caresse les fleurs,
C’est un petit plaisir, un chaud petit bonheur,
C’est un état de grâce où je ne sais que dire
Si le Monde s’enlise ou semble se détruire…
© Jean-Pierre Fassbender
Amateur poète, rimailleur pas trop médiocre (tel qu’il se définit), Jean-Pierre Fassbender (nom de plume : JP F Sitting Bull) est né à Flémalle-Grande en province de Liège. Dès l’âge de 13 ans attiré par la beauté des mots, dans un cours de diction, il découvre en s’exerçant avec son professeur, « Les Conquérants » de l’œuvre de José-Maria de Heredia, cet enseignant l’initiant comment mettre en valeur un texte par la parole. C’est la révélation de l’alexandrin et de ses contraintes métriques classiques. Difficulté ou jonglage, ce défi pointilleux le séduit. Il est captivé, deux ans plus tard, par Georges Brassens et d’autres chanteurs-poétes qui lui donnent l’envie de prendre la plume. Alors adolescent, il s’essaie laborieusement à des vers hésitants, à des premières créations de jeunesse, toujours dans l’envie de voler esthétiquement un peu plus haut. C’est bien entendu le temps, la sagesse et la sérénité, lents à venir qui le feront s’améliorer dans l’écriture. L’âge mûr s’installant, la confiance, la rigueur, et encore le doute malgré tout, s’il écrit encore et toujours avec plus d’autodiscipline, il découvre que le besoin de rimer lui procure une jubilation énorme ainsi qu’une thérapie salutaire, un exutoire bénéfique en quelque sorte. Alors pourquoi s’en priver ?
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Ode à la Terre

Ò vous humains n’manquez pas d’air,
À piétiner ainsi votre Terre !…
« Atmosphère, atmosphère »,
Votre globe, votre bille, votre stratosphère,
Toi, le bipède, t’es délétère,
Mais Elle, ta Peau, ta Sœur, ton Frère,
Elle étouffe d’ton gaz sur fumeterre…
Surpopulation dans sa chair,
Pollution de ses larmes calcaires,
Fumigations sur ses phanères,
Fulmination dans ses cratères
Combien faudra-t-il d’canadairs
Pour enfin pouvoir mettre à terre
La connerie de ces locataires ?
Ò toi l’Humain, gardien de fer
Quand détruiras-tu les barrières
Qui t’éloignent de ta douairière ?
Vois ses souffrances, sauve ses clairières !
© Linda Cara-Jacobi
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Nous avons oublié

Père c’est vrai ! Nous avions oublié
les vents de sable, le cri rauque de la misère,
Les guerres labyrinthes aux horizons bouchés.
Le monde d’aujourd’hui vogue sur une mer volcanique
semblable à une barque chahutée
par des vagues en furie, pris dans un tourbillon
de quêtes éphémères, nous devons boire l’elixir
des jours amers, sans colère, sans regret
pour ce qui fut jadis.
L’avenir ne se dessine pas encore sur la toile de fond,
Nous ne sommes que des peintres amateurs,
désireux de sauver un chef d’oeuvre en péril
ou tout en moins d’en conserver quelques vestiges.
Amis de la terre

Amis de la terre, écoutez ma prière.
Du fond de ma souffrance, je pleure.
Bientôt, il n'y aura plus de fleurs
Et l'eau pure manquera aux rivières.
Amis, levez l'étendard pour mon salut.
Les océans souillés n'en peuvent plus
De voir mourir les baleines d’asphyxie
On les retrouve sur les plages sans vie.
Amis de la terre, écoutez mon désespoir
De voir les banquises disparaître à jamais.
Réveillez l'humanité avant qu'il ne soit trop tard,
Dites aux hommes qu'ils doivent me respecter.
Amis de la terre, donnez une éducation
A vos enfants, héritage de votre bonne action.
Qu'un jour, ils deviennent Ambassadeurs de la terre
Pour donner au monde une image humanitaire.
Écoutez ma prière, ne laissez pas mourir votre terre
Elle a besoin de vous comme vous avez besoin d'elle.
C'est une planète de l'Univers née pour être éternelle.
Protégez-la, et votre récompense sera salutaire.
© Jean-Marc Lainelle (1951-aujourd'hui)
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Un jour, notre Terre...

Un train entre en gare

Un train entre en gare, soufflant ses borborygmes sur les quais nonchalants.
La marquise de jadis, désormais inutile, aux carreaux fêlés par l’orage de grêle,
filtre les rêves des passants.
Un magnolia salue une fontaine jaillissante au travers de hublots.
Au parc voisin, peu à peu, les souches des vieux monstres centenaires s’effritent,
là où les quelques musiciens de l’orchestre, vainement, recherchent un kiosque.
Séquoias, catalpas ou parroties dansent une milonga triste et solitaire.
Blanc et rose s’y mêlent comme un masque de jour de Venise.
Ma chanson en neumes deviendrait-elle une sirandane de l’oubli ?
Dans le parc des cendres jaunes, les merles s’égosillent d’un sapin à l’autre,
en un ineffable garde-à-vous sur une branche.
O soir de mai lorsque les fanfares claironnent fiévreusement !
O soir de mai lorsque tous défilent au pas à moitié cadencé !
Le train siffle,
il semble appeler une terre nouvelle au pays des fées bleues,
happant au passage quelque âme perdue d’un après-dîner.
Le train siffle, il accompagne le cortège infernal depuis les sommets des montagnes.
Parrotie : arbuste élégant et résistant, originaire d'Iran
Milonga : musique populaire d'Argentine
Neume : signe représentant un groupe de notes, généralement deux ou trois, utilisé dans la notation du plain-chant
Sirandane : forme de devinette
Roland Muhlmeyer est guitariste classique de formation. Il apprend le chant lyrique, deux matières qu'aujourd'hui encore il enseigne. Il se spécialise par ailleurs dans le chant grégorien, qu'il a également enseigné. Il a écrit des poèmes dans sa jeunesse qui ont paru dans quelques publications. Après un long repos poétique, il s'est remis à écrire. Il a le souci du rythme, des couleurs, des mots dans ses textes qu'il traite comme une partition de musique contemporaine.
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L'abandon

Hier elle est partie
Laissant à l’abandon
Quinze années de leur vie
Il pleure sur l’édredon.
Il lui reste cette terre
Avec tous ses soucis
Car il est en galère
Pas une seule goutte de pluie.
Il regarde la glace
Et voit sa déchéance
Les rides sur sa face
Sont bien une évidence.
Et pourtant il veut croire
Encore à cette terre
Il voudrait voir sa gloire
Et cacher sa misère.
Les semaines sans elle,
Elle ne reviendra pas
Il déploiera ses ailes
Pour mener son combat.
Hier elle est partie
Et lui l’ange déchu
Boira jusqu’à la lie
Sa chère disparue.
Les cris de la Terre

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Démence

Forêts d’Amazonie aux larges plaies béantes.
Les arbres de Gironde absorbés par le feu.
Les glaces de l’Arctique dont la fonte nous hante,
Et notre désarroi errant au beau milieu.
Mais où va notre Terre ?
Cesserons-nous enfin
Nos actes suicidaires
Qui mènent à notre fin ?
Les plastiques rejetés dans des mers incertaines
Vont et viennent au gré des courants entre deux eaux,
Finissant leur voyage dans le ventre des baleines
Qui viennent s’échouer sur les plages d’îlots.
Mais où va notre Terre ?
Cesserons-nous enfin
Nos actes suicidaires
Qui mènent à notre fin ?
Et les insecticides contre les ravageurs
Déversés sur les vignes et les champs effarés,
Tuent aussi les abeilles qui butinent les fleurs…
On ne peut rien y faire, c’est le prix à payer.
Mais où va notre Terre ?
Cesserons-nous enfin
Nos actes suicidaires
Qui mènent à notre fin ?
Que dire des oiseaux dont les chants se sont tus ?
Hirondelles, passereaux se font rares dans le ciel.
Déplorer sans agir, hélas ne suffit plus...
Le temps nous est compté. Affrontons le Réel !
Mais où va notre Terre ?
Cesserons-nous enfin
Nos actes suicidaires
Qui mènent à notre fin ?
Pas que la prière
(sur le réchauffement climatique)

Je pose ma tête sur ton épaule, ma Terre,
Chaque nuit
Je te conte la longue journée depuis le début.
Comme nous t’aimions peu
Combien nous t’avons affligé,
Mais toi,
Comme une mère, tu nous as toujours pardonné.
Quand tels des pirates dans les mers du temps, nous avons
Plongé
Pour dérober la fourche dorée de Poséidon.
Sur les mers, les navires de guerre ont effrayé les sirènes.
Ayant presque arraché les yeux de Zeus là-haut,
Nous avons éliminé les dieux un par un.
Aujourd’hui,
Nous prions pour les noyés de déluges et catastrophes
Naturelles,
Pour les incendies qui brûlent les poumons des villes
Impitoyables.
Les saisons confuses viennent et se trompent de portes,
Comme s’il y en avait cent.
Perséphone prévient qu’Hadès est débordé par les maladies du
Siècle,
Et des coups de couteau souterrains de forage d’or et de
Pétrole,
Gémis, ma belle planète, gémis
Toi qui, comme une mère compatissante,
Nous nourris tous équitablement !!!
Mirela Leka-Xhava (1966-aujourd'hui)
Le feu errant

Au sommet des planètes en détresse,
J’écris la peur de l’arbre et des oiseaux.
L’obscurité défend sa forteresse
Quand l’humanité creuse son tombeau.
Le long des chemins où le temps pétille,
Avance un cortège de jours transis.
Quelques rêves s’accrochent à la grille
Des lunes aux halos plein de débris.
Et un nuage escorte sur la rive
Un triste ailleurs où suffoque le vent.
L’été se cogne contre la coursive
Pour finir sa course en un feulement.
J’aimerais te dire, l’espoir en bouche
Par-delà l’horizon des camouflets,
Que certains discours et propos font mouche
Mais les phrases rougissent de soufflets.
Comment dans cette strophe qui se dresse,
Là, où le cœur guerrier cogne les murs,
Déplier la ramille pour que cesse
Le tremblement accroché à l’azur.
Il me faut aller au brûlant de l’âme
Attiser le feu errant dans la nuit.
Au ciel de l’aube en devenir, l’entame
Du soleil fera peut-être du bruit.
Terre, ma planète
Une houle de plastique géante dérive comme un continent.
Le hurlement du chaos galactique se fait l’écho
à l’infini de mondes engloutis ou de galaxies ignorées.
Les étoiles vacillent. Les éruptions solaires, d’une beauté prodigieuse,
se multiplient, mais émettent des menaces monstrueuses.
Le bleu se fane. La planète devenue grise s’essouffle et suffoque.
Des astres lointains s’éloignent de cette zone devenue à risques
et bouleversent l’ordre de l’univers.
La voie lactée gémit.
« Écoutez la plainte de la Terre. Préservez votre héritage. »
© Annick Pipaud
→ Bio-bibliographie de l'auteure
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Notre Terre

Il nous faudrait une terre de soleil
De soleil resplendissant,
Et une terre d’eaux parfumées
Où le crépuscule
Est un léger foulard
D’indienne rose et or,
Et non cette terre où la vie est toute froide.
Il nous faudrait une terre pleine d’arbres,
De grands arbres touffus
Aux branches lourdes de perroquets jacassants
Et vifs comme le jour,
Et non cette terre où les oiseaux sont gris.
Ah, il nous faudrait une terre de joie,
D’amour et de joie, de chansons et de vins
Et non cette terre où la joie est péché.
O ma douce amie, fuyons !
Fuyons, ma bien-aimée !
© Langston Hughes
Poète, nouvelliste et écrivain américain, Langston Hughes participera au journal étudiant de son école de Cleveland (Ohio) et écrira ses premières nouvelles, poésies et pièces de théâtre. Sorti de son université à Columbia, en 1922, il privilégiera les joies de la rue d'Harlem à sa scolarité. Pour vivre, il cumule les petits boulots. Ses études à l'université de Lincoln lui permettent d'obtenir un doctorat en littérature en 1943. Il effectue ses premiers travaux d'écriture en tant que journaliste et publie ses premiers recueils. Sa renommée est due en grande partie à son implication dans le mouvement culturel communément appelé Renaissance de Harlem qui a secoué Harlem dans les années 1920.
→ Sa biographie sur Wikipédia
La terre est bleue

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
Oeil de sourd
Faites mon portait.
Il se modifiera pour remplir tous les vides.
Faites mon portrait sans bruit, seul le silence,
A moins que - s'il - sauf - excepté-
Je ne vous entends pas.
Il s'agit, il ne s'agit plus.
Je voudrais ressembler -
Fâcheuse coïncidence, entre autres grandes affaires.
Sans fatigue, têtes nouées
Aux mains de mon activité.
© Extrait de L'amour de la poésie, 1929
© Paul Eluard
Bio-bibliographie de l'auteur
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Pour célébrer la Terre

Pour célébrer la terre hors de la nuit
Vaste et fraîche
Mille rayons clairs debout
Derrière des mornes
Jusqu’à d’autres rayons clairs
Derrière d’autres mornes.
Mille rayons clairs
Des mornes à mornes
Dentelés
Dans les rayons clairs
Pour une tente de clarté
Au-dessus des creux profonds
Arrachés à la nuit
Au-dessus des creux profonds
Hors de la nuit
Au-dessus des cieux
Entre les mornes
Crêtés de rayons clairs
Hors du creux profond de la nuit
Hors du creux noir et mouillé de la nuit.
Dans un creux profond de mornes
Dans un creux couvert de clarté
Couvert de clarté
Des tentes de la clarté
Un arbre seul
Pour célébrer la terre
Un arbre seul
Dur et droit
Que cachait la nuit
Solidité dressée
Dans la clarté tremblante à son sommet
Dans la clarté seul et droit
Couronné de clarté
Vivant dans la clarté
Vivant de clarté
Pour célébrer la terre
Éveillée réveillée
Et l’espérance muette des bêtes à l’abreuvoir
Et l’espérance engourdie dans les cases
Et l’espérance des premiers pas
Dans la vie des sentiers
Morts dans la nuit
Nus dans la nuit
Vides dans la nuit
Silencieux dans la nuit
Et sans but
Sentiers dans la nuit
Comme des sillages perdus
Pour célébrer la terre dans la clarté
Et la clarté des sentiers
Hors de la nuit.
© Roger Dorsinville
Poète, romancier, essayiste, dramaturge, journaliste, enseignant, homme politique et diplomate haïtien, Roger Dorsinville est militaire, évangéliste, enseignant, journaliste, chef de cabinet présidentiel, ainsi que consul, ministre et ambassadeur dans différents pays d'Amérique du Sud et au Sénégal, avant de mettre fin à sa carrière politique en 1965. Les préoccupations sociales de l'auteur se manifestent à travers ses écrits journalistiques et ses œuvres littéraires. De 1973 aux années 1980, Dorsinville situe l'Afrique au centre de l'éthique et de l'esthétique de ces textes.
En 1986, il retourne à Haïti. Son esprit est tourné vers l'espoir d'une Haïti nouvelle, libérée du duvaliérisme.
Sa biographie sur Wikipédia
Notre Terre

Elle est bien vivante notre Terre.
Elle montre parfois son mauvais caractère,
Propulsant des laves de ses cratères,
Faisant disparaître des îles sous la mer,
Soulevant tout, tornade, courant d’air
S’installant là où elle était hier,
Détruisant des immeubles dont nous étions fiers,
Faisant souffrir des familles toutes entières
Les abandonnant à leur triste misère.
Elle brûle avec fureur ces forêts de conifères…
Et nous osons entamer un bras de fer
Avec notre Terre, notre mère nourricière ?
Soyons plutôt complices, mettons-y la manière
Retroussons-nous les manches, n’entrons pas en guerre
Soyons actifs, acteurs, enclenchons la première
Ne creusons pas notre demeure dernière.
Protégeons la, qu’elle soit moins meurtrière.
Chacun fait une action, apporte sa petite pierre…
Laissons à nos enfants un esprit solidaire
Qu’il fasse encore bon vivre sur notre Terre.
© Antoine Quesson
Enseignant à la retraite, Antoine Quesson prend plaisir à s’exprimer avec des mots qui soignent nos maux, des mots qu'il triture, des mots qui lui parlent, des mots qu'il déforme… Que la langue française est riche de mots qui ont du sens, aussi, il est pour l’augmentation des sens, du bon sens... Il a publié plusieurs ouvrages chez TheBookEdition.
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