Le chocolat dans tous ses états
La musique du chocolat

30 mars 2026
Chocolat

Mais, où sont donc passées les madeleines
Ordonnancées dans le placard du haut.
Charmantes pâtisseries quotidiennes,
Un gourmand aurait t’il donné l’assaut.
Aux croisées des estomacs en détresse,
Une brioche offre son réconfort.
Le petit déjeuner devient kermesse
Pour soulager l’âme de son effort.
Et, à la barbe des vieilles froidures,
La tasse chaude attend sur le plateau,
Café et thé offrent candidatures
Pour nous réchauffer contre le carreau.
S’opère une tentation éphémère
Entre les jolies tasses du matin.
Un espoir nouveau offre sa lumière
A l’autel du jour, fleurit un festin.
La biscotte courtise la tablette
Mélange de fève de cacao
Avec la pointe de sucre en goguette.
En voilà un charmant scénario.
La télé braille ses tristes nouvelles.
Mais, au devant, mijote un coup d’état
Pour laisser à l’oubli les ritournelles.
Viens, allons boire ce doux chocolat.
→ Bio-bibliographie de l'auteur
La chasse aux oeufs

Les poésies ce sont des cloches qui les sèment
C'est sucré doux amer ça a la forme d'oeufs
Elles s'entourent de papier qui accroche la lumière
Comme la rosée sur l'herbe ou l'eau de la rivière
A nulle autre forme écrite on ne peut les confondre
Elles emploient des mots simples dont elles tirent le son
Ne font pas la morale ne font pas la leçon
Ce sont des mots qui meurent en bouche tout prêt à fondre
Comme la neige sous le soleil se met à fondre
Dont l'esprit se saisit plutôt qu'à se morfondre
© Alain HANNECART
Poète et écrivain français, Alain Hannecart est également professeur universitaire et chercheur en sciences de l’éducation.
Autre texte :
Le toit du monde
La mer
Le Père Noël
Le masque de Zorro
Vive le chocolat

Me voilà barbouillé, tout recouvert de crème,
Comme un gros chenapan, comme un vrai polisson.
J’ai mangé tel un goinfre, un glouton sans façon,
Tout un tas de gâteaux comme un enfant les aime.
Maintenant je ressemble à un drôle d’emblème :
Celui d’un diable noir, un vrai mauvais garçon.
Certains se rient de moi, criant à l’unisson :
Quel est cet animal, peut-être l’enfer même ?
Mais je me moque bien de tous leurs quolibets,
De ces accents moqueurs et de ces vils caquets
Quand un jour solennel vient vers vous et s’avance.
Tout plein de ce parfum qui plaît à l’odorat,
Avec l’air bienveillant des gens de connivence,
Je me redis alors Vive le chocolat.
→ Bio-bibliographie de l'auteur
Un choc ?... Hola !

→ Bio-bibliographie de l'auteur
Entracte

Bonbons, caramels, esquimaux, chocolat…
Réclame qui défile en boucle sur l’écran.
L’ouvreuse arrive alors du fond du cinéma,
Porteuse de délices aux multiples accents.
L’argent du chocolat glacé est déjà prêt.
Moment si délicieux activant mon désir.
Bientôt le chocolat immerge mon palais,
Suscitant peu à peu un sublime plaisir.
Retarder l’échéance d’un moment si suave,
Savoir prendre son temps car surtout rien ne presse.
Prolonger un bonheur sans y mettre d’entrave
Quand coulent dans ma gorge des torrents d’allégresse…
Les lumières de la salle s’éteignent tout à coup,
Et sur l’écran surgit alors un cavalier.
Couleurs vespérales,comme entre chien et loup…
Je viens de terminer mon chocolat glacé.
© Pierre PAYSAC
→ Bio-bibliographie de l'auteur
Chocolat, péché à croquer

Tablette offerte,
Blanche, noire ou au lait,
Je te romps d’un souffle,
Et déjà tu frémis sous mes doigts.
Éclats de noisettes,
Caramel brûlant,
Craquement doux,
Comme une caresse entre les dents.
Sur mes lèvres tu t’abandonnes,
Lentement, fondant, coulant,
Arôme envoûtant qui trouble la raison.
Péché gourmand,
Je te goûte sans hâte,
Langue curieuse, bouche avide.
Chocolat obscur, plaisir assumé,
Tu te manges comme un désir :
Sans honte, jusqu’à la dernière miette.
une amoureuse des mots et de leur sonorité. Depuis son enfance, l’écriture et toutes les formes d’art l’inspirent : théâtre, peinture, mais depuis ces dernières années, c'est l’écriture qu’elle embrasse pleinement. Aujourd’hui, elle anime des ateliers d’écriture et transmet sa passion en tant que formatrice en études supérieures, invitant chacun à explorer la richesse et la musicalité des mots.
→ Sa page Facebook : Au plaisir des mots
La femme chocolat

Taille-moi les hanches à la hache
J'ai trop mangé de chocolat
Croque moi la peau, s'il-te-plaît
Croque moi les os, s'il le faut
C'est le temps des grandes métamorphoses
Au bout de mes tout petits seins
S'insinuent, pointues et dodues
Deux noisettes, crac ! Tu les manges
C'est le temps des grandes métamorphoses
Au bout de mes lèvres entrouvertes
Pousse un framboisier rouge argenté
Pourrais-tu m'embrasser pour me le couper...
Pétris-moi les hanches de baisers
Je deviens la femme chocolat
Laisse fondre mes hanches Nutella
Le sang qui coule en moi c'est du chocolat chaud...
Un jour je vais m'envoler
A travers le ciel à force de gonfler...
Et je baillerai des éclairs
Une comète plantée entre les dents
Mais sur terre, en attendant
Je me transformerai en la femme chocolat...
Taille-moi les hanches à la hache
J'ai trop mangé de chocolat...
Extrait de l'album La Femme chocolat (2005)
actrice, réalisatrice et romancière, Olivier Ruiz est née à Carcassonne. Elle a choisi son nom de scène en hommage à sa grand-mère paternelle. La famille maternelle et la grand-mère paternelle, d'origine espagnole, qui ont fui le franquisme, ont vécu de 1981 à 1990 à Marseillette dans le bar-tabac-hôtel-restaurant du village (lieu qui fera l'objet de son deuxième album). Fille du muscien et chanteur Didier Blanc, elle baigne dans la musique dès son plus jeune âge. En 2001, elle est la révélation de la Star Academy face à Jenifer. Elle impose son style, se fait remarquer par les maisons de disques et signe chez Universal. Elle gagne une Victoire de la musique en tant qu'artiste féminine et clip de l'année 2010 pour Elle panique. Elle publie un premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs en 2020. De 2005 à 2011, elle partage la vie de Mathias Malzieu du groupe Dionysos, puis elle est en couple avec Nicolas Preschey, programmateur musical, dont elle a un fils en 2015.
→ Sa page Facebook
→ Sa biographie sur Wikipédia
Chocolats

J’aime bien les chocolats
Je m’en lèche les dix doigts
Profitez de mes faiblesses
Pour me rendre pécheresse
Parlez-moi des pralinés
Je serai attentionnée
Mais les chocolats au lait
Me rendent… ollé-ollé!
Parlez-moi du cacao
En poudre ou bien en barreaux
Des amers pour pâtissiers
Des vanillés, des sucrés
Parlez-moi des ballotins
Les dorés de chez Voisin
Les truffés, les pralinés
Arrêtez ! Je vais… Hum ! Crier
Parlez-moi des chocolats
A la manière d’autrefois
Des chocolats sans papier
Qui dans la main vous fondaient
Je les croquais un-à-un
En savourant leur parfum
Quand l’odeur du chocolat
Me chatouillait l’odorat
Pour un rendez-vous gourmand
J’abandonne mes amants
Le fruit du cacaoyer
Pourra seul me faire pêcher
Avec le chocolat noir
C’est de suite une autre histoire
Nous aurons des relations
Au dessus des conventions
plusieurs sites dont : bonjourpoesie.fr/
D'humeur chocolat

Quand on est un peu dingue
on mange des meringues.
Quand on est fatigué
on grignote des sablés.
Quand on se trouve moche
on dévore des brioches.
Quand on a de la peine
on pleure sur des madeleines.
Et quand plus rien de va
On croque quoi ?*
Dites-le moi :
On croque du chocolat.
© Corinne Albault
→ Bio-bibliographie de l'auteure
La poire Belle Hélène

Sous une pluie de chocolat, la poire dévoile son éclat.
Fondante, délicate, en robe vanillée,
Elle danse avec l’amande et la douceur sucrée.
Un hommage sucré à la belle Hélène,
Où chaque bouchée est un poème.
Petit poème relevé sur la page Instagram du Bistro des Poèmes situé à Paris, non loin du jardin du Luxembourg.
→ Page Instagram
Je croque et craque

Pour les accros au chocolat
Je croqu'en plaque
Et croque et craque !
Saveur ébène
Arachnéenne,
Sérénité
Sous le palais,
Fondant carré
Croque café
A déguster
Enamourée.
Chocolatier,
Je vais craquer
Tout acheter.
Pralin, praline,
Suis une gamine,
Suis amoureuse
Du chocolat.
A heure creuse,
Gourmande et pieuse
Je croqu'en plaque
Pour le plaisir,
Dans un désir
Aphrodisiaque !
Si mon cerveau
A l'trémolo,
Je croque et craque
Puis, je recraque
A satiété
Un peu shootée,
Je plonge
Et ronge
Comm'une souris
Au paradis.
J'ai le mouron,
Ça sent l'bonbon
Au chocolat
Et patatras !
Dans un' marée,
Ensorcelée,
De guerre lasse,
J'y fais la brasse
Puis, rassasiée
Le tentateur
Libérateur
Sait mes faiblesses
Et mon ivresse !
Pour n'plus craquer,
Je mets la plaque
En clic et clac.
Paradisiaque
Goût vanillé
Estampillé !
Puis, je bivouaque
Et je recraque
C'est insensé !
Dans la mer noire
Acidulée
Mon chocolat
Met en émoi.
Il se prélasse
Dans la mélasse
De mon palais
A fin gourmet.
Si je l'adore,
Encore, encore,
Faut pas m'juger !
En guilledou,
Le roudoudou
Me fait craquer.
Et puis après,
Est-ce un péché ?
Depuis plus de 15 ans, elle réalise des travaux poétiques dans la presse enfantine pour le journal Toboggan et le livre Mille ans de conte ainsi que dans Le Livre du maître, chez Hachette.
Autre texte :
Ma chaumière
→ Sa page Facebook
Les bonbons

J’aime mieux les bonbons
Que le gigot de mouton,
J’aime mieux la cannelle
Que les vermicelles,
J’aime mieux les gâteaux
Que la soupe aux poireaux,
J’ai des confitures
Sur toute la figure
Et du chocolat
Du haut jusqu’en bas
Moustache de chat
Filet de foie gras.
© Roland Topor (1938-1997)
Artiste dessinateur, peintre, illustrateur, écrivain, poète, dramaturge, metteur en scène, chansonnier, acteur et cinéaste français, Roland Topor connut d'abord la difficile condition d'une famille juive d'origine polonaise se cachant en Savoie pour échapper à l'extermination nazie. Son père lui transmit sa passion pour l'art, une conviction partagée qui conduisit tout naturellement le jeune homme à l'école des Beaux-Arts de Paris de 1955 à 1964. Premiers dessins dans Bizarre, premières nouvelles dans Fiction en 1958 ; il collabore également au journal satirique Hara-Kiri. En 1961, il reçoit le grand prix de l'humour noir. Totalement tragique et absurde, l'humour qu'il impose alors avec force évoque plus le grotesque de l'Europe centrale que l'humour anglo-saxon. Il publie plusieurs romans, réalise beaucoup d'affiches pour le cinéma et travaille pour la télévision avec Jean-Michel Ribes.
→ Sa biographie sur Wikipédia
Fondant au chocolat,
brownie au chocolat, tout un poème

Sous un ciel d'ébène, dans l'ombre des cuisines,
S'épanouit un trésor aux saveurs divines,
Fondant au chocolat, volupté exquise,
Ton coeur coulant dévoile des rêves imprécis.
Comme une caresse d'un doux vent de nuit,
Tu fonds sur la langue en un tendre bruit.
Chaque bouchée est un poème en velours,
Un chant d'amour, une étoile en retour.
Et voici le brownie, riche en tentation,
Son corps dense et noir, sublime évasion.
Des éclats de noix comme des notes subtiles,
Rendent ce festin encore plus volubile.
Ensemble, ils dansent sur les papilles éblouies,
Le fondant murmure, le brownie reluit.
Chocolat des songes, nectar enchanteur,
Tu ensorcelles l'âme, délices enchanteurs.
Sous le charme sucré, dans un doux abandon,
Je savoure en silence, ces fragments de passion
Chaque carré, chaque miette, est une promesse
D'un bonheur chocolaté, en éternelle tendresse.
Laetitia Bouchereau écrit comme on murmure à l’oreille d’un être cher. Avec tendresse, délicatesse et une profonde humanité, elle explore les silences, les âmes blessées et les rencontres improbables. Son écriture, empreinte de compassion et de poésie, nous rappelle que chaque solitude porte en elle une lumière.
À travers ses mots, elle tisse des univers où la douceur et la profondeur des émotions se rencontrent. Son écriture capture les moments fugaces de la vie, les hésitations du cœur et la beauté des petites choses. Elle aime donner une voix à ceux qui sont invisibles ou silencieux, et ses récits portent souvent une touche de magie discrète, comme une invitation à la contemplation.
Avec une plume fluide et poétique, Laetitia Bouchereau guide le lecteur dans des réflexions sur l’existence, l’amour et la guérison, toujours avec une empathie palpable. Chaque texte devient un voyage émotionnel où la compassion et la poésie servent de guides, et où la lumière se cache parfois dans les coins les plus sombres.
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Oeufs de Pâques

Voici venir Pâques fleuries,
Et devant les confiseries
Les petits vagabonds s'arrêtent, envieux.
Ils lèchent leurs lèvres de rose
Tout en contemplant quelque chose
Qui met de la flamme à leurs yeux.
Leurs regards avides attaquent
Les magnifiques œufs de Pâques
Qui trônent, orgueilleux, dans les grands magasins,
Magnifiques, fermes et lisses,
Et que regardent en coulisse
Les poissons d'avril, leurs voisins.
Les uns sont blancs comme la neige.
Des copeaux soyeux les protègent.
Leurs flancs sont faits de sucre. Et l'on voit, à côté,
D'autres, montrant sur leurs flancs sombres
De chocolat brillant dans l'ombre,
De tout petits anges sculptés.
Les uns sont petits et graciles,
Il semble qu'il serait facile
D'en croquer plus d'un à la fois ;
Et d'autres, prenant bien leurs aises,
Unis, simples, pansus, obèses,
S'étalent comme des bourgeois.
Tous sont noués de faveurs roses.
On sent que mille bonnes choses
Logent dans leurs flancs spacieux
L'estomac et la poche vides,
Les pauvres petits, l'œil avide,
Semblent les savourer des yeux.
© Marcel Pagnol (1895-1974)
Ecrivain, dramaturge, cinéaste et producteur, Marcel Pagnol est fils d’instituteur. Il fait ses études au lycée Thiers de Marseille, puis obtient sa licence d’anglais et devient professeur à Aix-en-Provence ; il enseigne ensuite à Paris, au lycée Condorcet. Il se découvre très jeune une passion pour l’écriture et écrit plusieurs pièces présentées à Paris. La suite de sa carrière devait se partager entre le théâtre et le cinéma, ce qui allait faire de lui le maître du "théâtre filmé", grâce en particulier à sa célèbre trilogie marseillaise : "Marius", "Fanny" et "César", écrite pour la scène avant qu’il l’adapte pour l’écran. Il est servi par les plus grands interprètes de l’époque : Louis Jouvet, Raimu, Pierre Fresnay, Fernandel. Il est élu à l'Académie française en 1946 à l'âge de 47 ans. A partir de 1956, il entreprend la rédaction de ses souvenirs d'enfance, composé de quatre livres : "La Gloire de mon père" (1957), "Le Château de ma mère"( 1957), "Le Temps des Secrets "(1960) ou encore "Le Temps des Amours"(1977), qui fut publié à titre posthume.
L'éclair au chocolat

Dans l’éclair au chocolat
ce qui est sur le dessus
et ce qui est à l’intérieur
ça n’a pas la même couleur.
Le dessus ressemble à du chocolat
mais pas le dedans.
On est aussi souvent chocolat
avec des gens qu’on ne connaît pas.
Extrait du recueil Le Rire en poésie, éditions Gallimard
De son vrai nom Jean-Marc Minotte, Jean L'Anselme est un écrivain et poète français. Résolument atypique dans ses créations, il est d'abord instituteur en banlieue parisienne et devient poète au contact de l'Ecole de Rochefort. Ami de Dubuffet et adepte de l'Art Brut. Il est sarcastique, goguenard, burlesque, utilisateur de calembours pour pourfendre le pédantisme, les ridicules de notre époque, la prétention de ceux qui "se la jouent", ce qui n'empêche dans son oeuvre ni la tendresse, ni la fraternité avec les humbles ou les gens ordinaires.
→ Sa biographie sur Wikipédia
Chocolat

Chocolat, tu parfumes mes humeurs
d’un subtil nuage de bonheur.
Tes arômes profonds et délicats
me surprennent et m’emportent dans l’au-delà.
Chocolat, tu embaumes mes envies
d’une légère fragrance de poésie.
Les notes caramélisées me titillent
comme un glaçon sur tes lèvres de vanille.
Chocolat, tu fais chavirer tous mes sens
d’une larme de miel, mes mots s’épanchent.
Tes fèves de cacao m’enlacent
et m’emportent dans un royaume de glace.
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