Face à la mer
Station balnéaire

À la belle saison, la mer berce ses nageurs.
Les côtes langoureusement elle caresse.
Elle va et vient sans cesse,
Elle roucoule, elle rit.
La mer, et le bonheur s’ensuit.
À qui possède un voilier
De bons moments va passer
Sur mer au large,
Suivant les balisages,
La carte marine et la météo.
Les surfeurs initiés
Les vagues vont escalader
Du haut de leur surf léger
Ils vont bien s’amuser
Et pouvoir bronzer.
La mer nous raconte une histoire sans paroles.
Les poissons forment autour des coraux une corolle.
Des ultra-sons certains animaux marins
Emettent, inaudibles à l’oreille d’un humain.
La mer est sans pair et sans repères.
© Sylvie CROCHARD
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Luna

Songe d’une nuit d’été
Où chaque fois je maudis
Cet étranger que j’ai été
Et qui n’a jamais compris.
Cette inconnue sur mon chemin
Que j’ai croisée un matin
Qui a bien voulu que je dépose
Un doux baiser sur sa main.
Et c’est maintenant face à la mer
Que je me demande encore
Comment j’ai pu un soir d’hiver
Laisser s’échapper ton corps.
J’ai dans la bouche un goût amer
Seuls mes regrets peuvent comprendre
Que j’ai joué à l’homme fier
Que je n’ai pas su t’attendre.
Et tout mon être se rebelle
Et si mon âme est meurtrie
J’aimerais te revoir ma belle
Pour raconter ce récit.
© Myriam CLOWEZ
Retraitée du secteur sanitaire et social, Myriam Clowez a toujours aimé la poésie et c'est surtout à l'adolescence qu'elle a écrit de nombreux poèmes. Aujourd'hui, elle profite de son temps libre pour participer aux concours de poésies.
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Le phare

D'où vient-il le chant des marins ?
Des profondeurs de l'océan ou de l'amer ?
De voyages lointains, parcourus de frissons
Quand la tempête mène la danse sans arrêt.
D'où lui vient cette force inflexible
Qui se change en courage quand nul ne sait
Encore quel souffle aura le vent
Si le vent tourne, si la mer se déchaîne,
Il ne suffit pas de croire en son étoile
Et de porter les lauriers du vainqueur.
Certaines tempêtes ne s'affrontent pas seuls,
Un jour ou l'autre survient un grand naufrage
Et un fracas à nous briser le cœur.
Demain s'écrira à plusieurs et le chant des marins
Gonflera dans les voiles, demain quand tous les doutes
Seront enfin levés, brillera comme un phare
Pour les barques égarées.
© Marie-José PASCAL
Marie-José Pascal écrit depuis l'enfance. Membre de l'association Le Capital des Mots, sociétaire de L'Académie internationale L'école de La Loire, elle a été publiée dans de nombreuses revues et anthologies : Humanisme Harmonie, Florilège, l'Etrave, Traversées, revue numérique des citoyens des lettres, anthologie Flammes vives, de l'Humain pour les Migrants. Elle a reçu le Prix Charles Péguy 2020. En 2021 : le prix Hubert Fillay 2021 pour le recueil « A deux voix » co-écrit avec Alain Morinais, le prix Jules Supervielle 2021 pour le recueil « Lanterne de papier », le prix Qualité des Arts. En 2023, le Prix Paul Verlaine et 2024, le Prix Jacques Prévert.
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Des mots pour la mer

Elle est berceau de vie et parfois un tombeau
Beauté de l'horizon et terreur de l'abîme
Le chant des vagues et le silence de l'eau
Secrète en profondeur, la mer est une énigme
Mer qui toujours m'attire et souvent me déroute
Qui rythme mes saisons et qui règle mes pas
Me donne de l'espoir quand je suis dans le doute
Du sel pour rehausser le goût de mes repas
Elle est reflet du ciel et miroir du nuage
L'infini du possible, improbable incertain
Promesse d'aventure et risque de naufrage
La mer a l'énergie qui force le destin
Elle cache en son sein des trésors et des peurs
Se fait douceur de brise ou fureur de tempête
Par son scintillement aux changeantes couleurs
La mer brille des mots qu'elle inspire au poète.
© Jacques BASHIERI
Ode à la mer

L'air est froid
l'air est vif
les vagues sont rebelles
la couleur douce et bleue me permet de rêver
Les montagnes au loin
les sommets enneigés
les lumières du soir
et la côte éloignée
Je ressens sous mes pieds
le bateau qui fend l’eau
les cheveux emmêlés
je me sens respirer
Vivre à fond un bonheur que la mer seule apporte
j'aim' les soirs de janvier
sur les flots agités
© Nathalie LAURO
Illustration © Nathalie LAURO
Ecrivaine, poétesse et artiste numérique, Nathalie Lauro travaille à partir de ses photos shootings. Elle aime photographier les villes comme Berlin, Londres, Paris, Hambourg et Amsterdam mais sa spécialisation reste le sud, la Méditerranée, le soleil, les couleurs, les lumières et la Dolce Vita. Elle est par ailleurs présidente de l'association Luna Rossa.
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Traîne

Jusqu’à l’écorce de mon corps rougi
Tes strophes se souviennent de mon rêve.
Entre deux aubes, naît déjà le cri
Je m’éveille sur le sang de ta grève.
Alors, tes bras d’encre lissent le roc
De mon cœur et dans les herbes sauvages,
Le poème sent l’univers d’un bloc
Pour façonner les mots dans les nuages.
Mes doigts engourdis dans le matin nu
Embrassent ton souffle vers le grand large.
Nul doute que sur la plage, il a plu.
Sur l’horizon bleu, dérive ta barge.
Aux proues de ce moment intact et pur,
Le temps offre son épaule saline.
Cette lueur fauve sur le sol dur
Érafle le flux de l’heure marine.
Sous mon corsage de lune, le vent
Lacère ma peau d’écume et frappe
Jusqu’à la syllabe, le firmament
Un frisson en laisse de mer s’échappe.
Là où s’étire encore la fleur d’eau,
L’été abreuve ses terres lointaines.
Vogue sur les heures notre bateau,
La houle folle nous prend dans sa traîne.
© SEDNA
Résidant en Charente-Maritime, Sedna a toujours eu la passion des mots. Elle aime les rimes et travaille principalement avec le Traité de Sorgel en poésie classique. Elle aime la mer, le ciel qui sont ses sources d'inspiration permanente. La sauvegarde de notre planète est l'une de ses préoccupations.
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Partir

Demain dès l’aube, et sans vouloir me retourner,
Je partirai très loin sur des mers incertaines.
Sans but et sans regrets, au gré des alizés,
Me laisserai porter où mon destin me mène.
Guidé par les étoiles, quand mon cœur vagabonde,
Accostant sans émoi sur des terres inconnues,
Je parviendrai peut-être jusqu’au bout de ce monde
Où ne rencontrerai que des âmes perdues.
Et quand je reviendrai des rêves plein la tête,
Tel Ulysse en Ithaque, après son odyssée,
Je me dirai, de fuir, il faut que je m’arrête,
Et continuer ma vie là où je suis né.
© Pierre PAYSAC
La mer

Une bruine se pose doucement sur la plage,
Dans un mariage avec les embruns sur les rochers.
Les rouleaux de mer se tournent comme les pages,
D'un livre de la nature dans sa longue destinée.
Les jolies mouettes se bercent au vent des voiliers
Douce musique qui embrassent les hauts palmiers.
L'horizon infini s'accroche à la grisaille du ciel
Tourmenté par les nuages qui jouent avec le soleil.
L'écume blanche efface nos empreintes de vie
Dans un mélange de sable aux pépites d'or.
Roulent les galets dans le bruit de l'infini
La mer les emporte, changeant l'envers du décor.
Dansent les pointus dans le ballet des vagues
Liés aux anneaux, cordons ombilicaux à leur quai.
Parfums d'iode mélangé à la couleur des algues,
Les fruits de la grande bleue chantent à la criée.
Aux îles lointaines qui bercent les rêves d'évasion
Dans le refrain de l'âme des grands paquebots.
Les espoirs du rivage fredonnent la bénédiction
De partir un jour, naviguer sur ces beaux bateaux.
La mer, Princesse de la terre est une dame de cœur,
Que les poètes vénèrent dans la parodie de leurs écrits.
Au bord des simples vers, leur encre est une fleur
Offerte humblement à cette magnifique source de vie.
© Jean-Marc LAINELLE
Jean-Marc Lainelle (1951-aujourd'hui)
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En flânant sur une plage...

L'âme alors apaisée y dresse son bivouac
Des sentiments divers surgissent tout en vrac
Bien loin de l’ordinaire et de sa comédie
La fraîcheur se savoure et même se mendie...
Qui dans son élégance au-dessus de nous glisse
Avec sérénité naturel et brio
Dans ce jardin secret ce fragile patio
S'abrite le bonheur -désirable calice-
Le temps qui se suspend devient notre complice...
Un soudain courant d'air nous apporte un parfum
Celui de goémons se baignant dans l'écume
Toujours renouvelé le spectacle est sans fin
Simple il nous satisfait -contentement non feint-
Il chasse la grisaille il chasse l'amertume
Il chasse le train-train son hypnotique brume...
Dans un très beau fondu tout amoureusement
Là-bas le ciel et l'eau se troublent et se marient
Dans un bal de couleurs majestueusement
L'horizon vient s'offrir tout langoureusement
Loin de l'humanité loin de sa barbarie
Toute cette Beauté devient une armoirie...
© Didier COLPIN
Didier Colpin est né en 1954 à Laval, petite ville de l’Ouest de la France. Il a découvert l’écriture et la poésie « sur le tard », en 2010. Depuis elle est devenue sa compagne de tous les jours… La poésie est pour lui le contraire de Twitter et de sa rapidité. Elle est un arrêt sur image… Sur un émoi sur un trouble sur la Beauté sur la laideur. Le tout vu, ressenti à travers le prisme qu’est son regard où deux plus deux ne font pas toujours quatre…
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À récifs frangeants
Sur le récif et son platier se précipite la mer
À déferle-vague et soufflez-crevasses
À crissez-galets et gonfle-chenal !
Sur la vague dans son déferlement s’enroule la mer
À plonge-dauphin et jaillissez-écumes
À roulez-algues et sautille-héron !
Sur le rivage et dans son épanchement s’étale la mer
À creusez-crabes et cours-pagure
À sourdez-sources et battez-tambours !
© Flora-Aurima DEVATINE
Née en 1942 à Tautira dans la presqu'île de Tahiti, cette Polynésienne est écrivaine, professeure, chercheuse et académicienne. Elle est l’auteure de poèmes traditionnels en tahitien et de poèmes libres en français parus dans des revues et anthologies. Elle a reçu le Prix Hérédia de la poésie française en 2017.
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Une nuit sur la plage

Sur le sombre Océan tombait la nuit tranquille ;
Les étoiles perlaient au ciel silencieux ;
Le flot montait sans bruit sur le sable de l'île...
Ô nuit, quel souffle alors vint me mouiller les yeux ?
Le froid saisit mon cœur, quand, muet, immobile,
Étendu sur la grève, et le front vers les cieux,
Je sentis, comme on sent que sur la vague il file,
La Terre fuir, sous moi, navire audacieux !
Du pont de ce vaisseau qui m'emportait, sublime,
Je contemplai, nageant sur l'éternel abîme,
Les flottes des soleils au voyage béni ;
Et, d'extase éperdu, sous les voûtes profondes,
J'entendis, ô Seigneur, dans l'éther infini,
La musique du temps et l'hosanna des mondes.
© Henri-Frédéric AMIEL
Extrait du recueil Grain de mil, 1854
Henri-Frédéric Amiel est un écrivain et philosophe suisse romand, célèbre pour son gigantesque journal intime (17 000 pages, de 1839 à 1881). Professeur d’esthétique et de littérature française à l'université de Genève grâce à son étude Du Mouvement littéraire dans la Suisse romande et de son avenir. De 1854 jusqu'à sa mort, il conserva sa chaire de philosophie. Il a publié plusieurs volumes de poèmes, d’études historiques ou philologiques et des essais philosophiques influencés par la philosophie idéaliste allemande.
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Les blandices de la mer

© Jacky COURALET
Retraité de la Fonction Publique Territoriale, Jacky Couralet est un passionné de poésie. Eclectique, il écrit dans tous les registres : de la veine austère à la veine satirique, voire loufoque ! Il adore aussi le scrabble et a une approche ludique des activités cérébrales.
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La mer

Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s'est retirée,
Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt.
La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
Au profond de son lit de nacre inviolé
Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.
La mer aime le ciel : c'est pour mieux lui redire,
À l'écart, en secret, son immense tourment,
Que la fauve amoureuse, au large se retire,
Dans son lit de corail, d'ambre et de diamant.
Et la brise n'apporte à la terre jalouse,
Qu'un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
L'âme des océans frémit comme une épouse
Sous le chaste baiser des impassibles cieux.
© Nérée BEAUCHEMIN
Ecrivain et médecin québécois, Nérée Beauchemin publie son premier recueil Les floraisons matutinales en 1897. Il obtiendra plusieurs diplômes et prix de poésie et recevra en 1930 la médaille de l'Académie française.
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