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Création de la page le 13/04/2022

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Le Monde de Poetika
Revue de poésie en ligne
N° ISSN : 2802-1797

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Posté le 10/10/2022 - Thème : Saison / Hiver

L'écume des jours

File le temps des jours ravis
Des pommes rougies aux soirs d’hiver
Au coin du feu, leur peau durcit
Sous le regard des flammes de lumière.

La télé crépite au coin du salon
Dictant ses paroles oscillantes de sens
Au regard de la fenêtre captant le son
Défilent les images libres qui dansent.

La table baille de tout son long
Sur ses dentelles nappées de cire colorée
Surgissent les mets rangés en rond
Au centre la soupe déverse ses fumées.

Les lampes scintillent en jets d'or
Accrochées au pied des forges d’étain
Les murs acclament leurs cercles d’or
Réunis au cœur des cieux éteints.

 

© Christine DUHAMEL


Christine Duhamel (1961-aujourd'hui)
Originaire du Nord de la France, le coeur de Christine Duhamel vibre dans l'écriture de poèmes. Elle a créé son blog pour exprimer les envies, les joies et les peines vécues au fil de ce monde si compliqué parfois mais plein de jolies surprises aussi.
Autres textes :
Mykonos
Perles de pluie
Son blog : → https://www.didacticielles.com/

y
Posté le 07/10/2022 - Thème : Santé / Maladie

Prospectus

Je suis un tranquillisant
J'agis en appartement
Efficace au bureau
Je passe les examens
Je témoigne au procès
Je recolle les pots cassés
Prends-moi seulement
Mets-moi sous la langue
Avale-moi seulement
Avec un verre d'eau.

Je sais y faire avec les malheurs
Traiter les mauvaises nouvelles
Réduire l'injustice
Eclairer l'absence de Dieu
Choisir un chapeau de deuil très seyant.
Qu'est-ce que tu attends -
Fais confiance à la pitié chimique.

Tu (vous) es (êtes) encore jeune(s).
Il faut bien te (vous) faire une raison
A-t-on jamais dit
Qu'on doit vivre sa vie avec courage ?

Passe-moi ton abîme
Je t'y ferai un lit.
Tu me seras reconnaissant(e)
Pour ces quatre pattes de chat.

Vends-moi ton âme.
Nul autre acheteur ne passera.

C'est le seul diable qui reste.

 

© Wisława Szymborska


pWisława Szymborska (1923-2012)
Poétesse polonaise, Wisława Szymborska a obtenu le prix Nobel de littérature en 1996. Sa poésie privilégie la parcimonie et la modestie aux grandes sommes expressives. Ses vers expriment la haine, la bêtise, le terrorisme et la torture dans la description d'un monde composé d'horreurs et de souffrances, sur un ton où l'humour et l'élégie s'entremêlent. En dehors de la Pologne, son œuvre est particulièrement connue et appréciée en Allemagne.
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 05/10/2022 - Thème : Femme

Je me transformerai

Je me transformerai
En femme de sang
En femme de larmes
Je serai le givre
Le sable
Le feuillage du buis
Pour que tu m’écrases
J’embrasserai tes jambes
Tes genoux
Je serai
La forêt première
L’algue des origines

Tu veux pleurer
Tu veux gémir
Tu veux le houx
Comme couronne
La très précieuse
Lumière du vert
Tu ne sais pas
Que les doigts
Sur un front
Font un chant de Noël
Qu’une bouche
Dans la douceur des cuisses
Peut faire jaillir
Le lait des nébuleuses.

 

© Claude de BURINE


Claude de Burine (1931-2005)
Reconnue de son vivant pour l'originalité de son ton comme une grande dame de la poésie, elle aura publié dans de nombreuses revues dont les Hommes sans épaules, édité onze recueils de poésie, dont deux illustrés par des amis artistes, plus un livre en prose et un essai. Elle a remporté plusieurs prix, dont le Prix Louise-Labé en 1996 pour L'Arbre aux oiseaux,
Autre texte :
Ma mort est morte
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 05/10/2022 - Thème : Absence

Pas toi

Graver l’écorce
Jusqu’à saigner
Clouer les portes
S’emprisonner

Vivre des songes
A trop veiller
Prier des ombres
Et tant marcher

J’ai beau me dire
Qu’il faut du temps
J’ai beau l’écrire
Si noir sur blanc
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi

Passent les jours
Vides sillons
Dans la raison
Mais sans amour

Passe ma chance
Tournent les vents
Reste l’absence
Obstinément

J’ai beau me dire
Que c’est comme ça
Que sans vieillir
On n’oublie pas
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi

Y’a pas de haine
Y’a pas de roi
Ni Dieu, ni chaîne
Qu’on ne combat
Mais que faut-il
Quelle puissance ?
Quelle arme brise
L’indifférence ?

Oh, c’est pas juste
C’est mal écrit
Comme une injure
Plus qu’un mépris
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi…

 

© Jean-Jacques GOLDMAN


pJean-Jacques Goldman
(1951-aujourd'hui)
Auteur-compositeur-interprète, J.J. Goldman est élu régulièrement personnalité préférée des Français. Malgré une carrière musicale interrompue en 2004, il a vendu plus de 30 millions de disques. Il écrit et compose pour d'autres artistes comme Céline Dion et Johnny Hallyday... Il s'est considérablement engagé auprès d'œuvres humanitaires ou caritatives (Les Restos du coeur...).
Autre texte :
Je voudrais vous revoir
Site de référence :
https://jjgoldman.net/
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 01/10/2022 - Thème : Espoir

Les radeaux bleus

Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, Il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves célestes enfouies,
Pour nous offrir des parchemins
Qui redonnent leurs couleurs
A nos baisers, à nos cœurs, à nos mains
Et, à nos caresses, leurs fruits
De pinceaux en fleurs,
En échos d’appels à nos amours bleuies,
En rouleaux d’immenses cieux
Tantôt joyeux, tantôt meurtris,
Tantôt radieux, tantôt gris
Où se retrouvent les pleurs
Et les rires de nos yeux,
Entre enfer et paradis,
Entre agonie et tableaux bleus,
Radeaux de survie !
Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves terrestres enfouies,
Où les couleurs, pour le grand bleu,
De mille feux, rechantent la vie !

 

© Mokhtar EL AMRAOUI


Mokhtar El Amraoui (1955-aujourd'hui)
Poète d’expression française né à Mateur, en Tunisie, Mokhtar El Amraoui a enseigné la littérature et la civilisation françaises pendant plus de trois décennies, dans diverses villes de la Tunisie. Il est passionné de poésie depuis son enfance. Il a publié quatre recueils de poésie et plusieurs de ses poèmes ont été publiés sur Internet et en revues-papier.

→ Voir la liste de tous ses textes sur le site
→ Blog de l'auteur

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Posté le 29/09/2022 - Thème : Amour

Le lac blanc

La femme que j'aime
Est une rose au printemps
D'un rideau rouge
Elle ouvre son coeur.

Sur un lac mystérieux
Un ballet de lumière
Où dansent les étoiles
Où chantent les  violons.

La femme que j'aime
Quand elle se déshabille
Comme le ciel au vent
Comme un coucher de soleil
Comme un lys blanc
Dans le baiser de la nuit
Mes rêves sur un lac blanc.

A l'encre de chine
Sur une feuille blanche
Une plume de cygne
D'un ballet de Béjart
De satin blanc
Enivre mes poèmes.

 

© Lucien SCHEER


Lucien Scheer
Originaire de Belgique, Lucien Scheer a passé sa jeunesse dans les Ardennes Belges où il s'est épris de la nature et de son poète préféré Paul Verlaine. Retraité, le besoin d'écrire et d'exprimer ses états d'âme sur le chemin de la vie s'est amplifié.
Découvrir son dernier recueil :
→ Le Lac blanc
Son blog :
→ http://lucianoilpoeta.centerblog.net/

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Posté le 28/09/2022 - Thème : Amour / Absence

L'hiver que j'appréhende

Je ne redoute pas cet hiver qui s'avance,

ni le gel qui durcit la terre et fige l'eau

cependant que le froid vous rampe dans les os ;

ni la neige couvrant de son moelleux silence

la campagne déserte et les toits des hameaux.

 

L'hiver que j'appréhende est celui de l'absence,

ce vide autour de moi lorsque tu n'es pas là

quand les loups du désir griffent le matelas,

que je te sais aussi maudissant la distance

qui te maintient trop loin du cercle de mes bras.

 

Je t'aime, t'aime, t'aime à toujours le redire,

tu m'aimes, m'aimes, oui, à n'en jamais douter ;

au moins l'aurons-nous su et aurons-nous goûté

aux féeriques fruits que ce double délire

a porté dans nos cœurs à leur maturité.

 

Je voudrais t'enlacer comme fait le lierre,

couvrir de mes baisers ton tendre corps offert,

pénétrer dans ta chair telle en fjord la mer,

entendre ton ressac en appeler à Pierre

et moduler après ton nom à ciel ouvert...

 

© Pierre LEXERT


pPierre Lexert
(1923-2015)
Né à Paris en 1923 de parents valdôtains, et donc francophones, contraints à l'exil par l'Italie fasciste francophobe, Pierre Lexert a passé sa petite enfance auprès de sa grand-mère et d'une tante, en Vallée d'Aoste, avant de revenir étudier et travailler en France. Journaliste, animateur culturel, poète, nouvelliste, essayiste, polémiste de grand talent et bibliophile passionné, il était un ardent défenseur de la francophonie. Il a reçu le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature française par l'Académie française en 1996.
→ Source : objectifplumes.be

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Posté le 27/09/2022 - Thème : Poésie

Pour construire un poème

Pour construire un poème
Il faut briser le temps.

Il faut prendre les mots
Dans un autre panier

Écouter les épées
Des oiseaux de l’aurore

Passer le lourd portail
Qui s’ouvre sur la mer

Enfoncer son talon
Dans l’argile du monde

Attendre que le froid
Gèle les bruits du cœur

Et contempler le mur
Où les signes regardent


© Georges JEAN


pGeorges Jean
(1920-2011)
Georges Jean est un poète et essayiste français spécialisé dans le domaine de l'enfance. Après avoir étudié la philosophie, il se consacré à l'enseignement dans les domaines de la linguistique, de la poétique et de la sémiologie. Il a publié plus de 70 ouvrages dont des poèmes, essais et théories sur la poésie et la pédagogie.
Autre texte :
L'école d'autrefois
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 26/09/2022 - Thème : Saison / Eté

Ce petit tas de moi

J’ai nagé très lentement ce matin.
La mer était un lac
pas un souffle de vent
et personne sur la plage.

La lune encore visible
belle et ronde au-dessus
le soleil – lueur orange –
du côté des marais.

J’ai nagé doucement
faisant glisser mes bras
dans l’eau claire de la baie
étirant tout mon corps.

J’ai nagé seul au monde
– le trait blanc d’un avion
comme souvenirs de nous
que je n’aurai jamais –

Et sur le sable froid
ma serviette et mon pull
ce petit tas de moi
là-bas qui attendait.


© François de CORNIERE


pFrançois de Cornière
(1950-aujourd'hui)
François de Cornière est né à Caen où il a animé pendant plus de trente ans les Rencontres pour lire. Il vit aujourd'hui près de Guérande. Il fait partie de cette nouvelle génération qui s’oppose au formalisme des années 60/70 et qui milite pour une poésie ouverte sur le quotidien, la vie réelle. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, il a reçu le Prix RTL-Poésie 1, le Prix Georges Limbour et le Prix Guillaume-Apollinaire.
Autre texte :
Mes pas derrière mon coeur
→ Courte biographie : castorastral.com

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Posté le 25/09/2022 - Thème : Saison / Automne

Le vent

Sur la bruyère longue infiniment,
Voici le vent cornant Novembre ;
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs ;
Voici le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Aux puits des fermes,
Les seaux de fer et les poulies
Grincent ;
Aux citernes des fermes.
Les seaux et les poulies
Grincent et crient
Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l’eau,
Les feuilles mortes des bouleaux,
Le vent sauvage de Novembre ;
Le vent mord, dans les branches,
Des nids d’oiseaux ;
Le vent râpe du fer
Et peigne, au loin, les avalanches,
Rageusement du vieil hiver,
Rageusement, le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Dans les étables lamentables,
Les lucarnes rapiécées
Ballottent leurs loques falotes
De vitres et de papier.
– Le vent sauvage de Novembre ! –
Sur sa butte de gazon bistre,
De bas en haut, à travers airs,
De haut en bas, à coups d’éclairs,
Le moulin noir fauche, sinistre,
Le moulin noir fauche le vent,
Le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Les vieux chaumes, à cropetons,
Autour de leurs clochers d’église.
Sont ébranlés sur leurs bâtons ;
Les vieux chaumes et leurs auvents
Claquent au vent,
Au vent sauvage de Novembre.
Les croix du cimetière étroit,
Les bras des morts que sont ces croix,
Tombent, comme un grand vol,
Rabattu noir, contre le sol.

Le vent sauvage de Novembre,
Le vent,
L’avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d’ahan,
L’avez-vous rencontré le vent,
Celui des peurs et des déroutes ;
L’avez-vous vu, cette nuit-là,
Quand il jeta la lune à bas,
Et que, n’en pouvant plus,
Tous les villages vermoulus
Criaient, comme des bêtes,
Sous la tempête ?

Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent hurlant,
Voici le vent cornant Novembre.


© Emile VERHAEREN


pEmile Verhaeren
(1855-1916)
Poète belge flamand, d’expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes dont il parle avec lyrisme sur un ton d’une grande musicalité. Il a su traduire dans son œuvre la beauté de l’effort humain.
Autres textes :
Le chant de l'eau
La cuisson du pain
Les greniers
Les horloges
→ Sa page dans le Monde de Poetika
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 23/09/2022 - Thème : Nostalgie

Me souvenir de toi

Je veux penser à toi
Avec de la lumière dans les yeux
Coule la rivière
Coule le temps
Coule la vie

 

Je veux me souvenir de toi
Gravé dans le diamant du cœur
Un jour nous le savons
C'est la fin du voyage

 

Nous regardions ensemble
La pâture bordée d'arbres roux
Sans un mot
Dans la douceur du troupeau
Chaque minute comptait

 

A présent
Tes doux ânes sont là-haut
Du côté de la montagne
Ailleurs, trop loin
Je regarde souvent la prairie
Où la ronce fait son nid

 

Je veux me souvenir de toi
Avec de la lumière dans les yeux


© Marine DUSSARRAT


Marine Dussarrat (1936-aujourd'hui)
D'origine landaise, Marine Dussarrat vit en Béarn. Elle a écrit plusieurs recueils de poésie et participe régulièrement dans la revue Lichen et sur le blog de L'Herbier de poésie. Elle a également remporté plusieurs prix de poésie.
Son blog :
→ https://emprises-de-brises.over-blog.com/

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Posté le 22/09/2022 - Thème : Textes inclassables

Parce que je t'aime

Parce que je t’aime
j’inviterai autour de ton lit
une troupe de jongleurs chinois,
qui sauront ensorceler des assiettes
et transformer d’un seul geste
et d’un sourire des voiles de soie
qui deviendront nuages et tempêtes
et d’où s’échapperont des vols de grues et de hérons…

Parce que je t’aime
je saurais découvrir pour toi
l’edelweiss et la rose noire,
la flûte de jade et la pierre de lune,
l’oiseau phénix et le rossignol de l’Empereur de Chune,
un agneau de Bethléem et le linge de Véronique.

Et toi,
toi mon amour, parce que tu ne m’aimes pas
je sais que tu m’offriras par trois fois le chant du coq,
le baiser de Judas,
la flèche et le poison,
la flûte et le cobra.


© Bernard DIMEY


Bernard Dimey (1931-1981)
Poète, auteur de chansons et dialoguiste français, il s'installe à Paris à 25 ans sur la Butte Montmartre qu'il ne quittera plus. Cet amoureux de Montmartre où bien des endroits portent encore son nom était connu comme auteur de chansons à succès : « Syracuse », « Mémère », « Mon truc en plume », etc. qui ont été interprétées par des géants de la chanson française.
Autres textes :
L'aventure, la voilà
Les enfants de Louxor 
Si tu me payes un verre 
Quarante ans
Le quartier des Halles
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 13/09/2022 - Thème : Textes inclassables

Elle s'évertue...

Elle s’évertue à ne pas abandonner le passé
Marchant flegmatiquement d’un pas avenant
Elle va de l’avant vers l’avenir
Rue, campagne ou bien espace aquatique
Elle avance sans chercher à te distancier
Portant vêtements ou le corps nu
Elle et puis aussi il en toute complicité
Se rencontrent aux aires douces pleines de saveurs
Là où s’étire la traîne du regard posée sur le silence
Pendant que des doigts perlent les gouttes de la matière
Que précédemment la main a effleuré d’une manière si singulière


© Gérard LEYZIEUX


Gérard Leyzieux
(1953-aujourd'hui)
Né à Rochefort-sur- Mer, Gérard Leyzieux écrit principalement de la poésie. Primé à plusieurs concours français et internationaux, il publie ses textes dans des revues imprimées tant en France qu’à l’étranger (Canada, Roumanie). Il publie ses mots modelés à l’émotion dans la mobilité du son également dans des revues électroniques et contribue régulièrement à plusieurs sites dédiés à la poésie.
Autre texte :
Fouler la plage...

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Posté le 11/09/2022 - Thème : Folie

On est tellement fous

On est tellement rien
On est tellement fous
On est tellement morts déjà,
à l’échelle des roues
du grand Char du temps
qui danse, glacial,
sur l'écume tendre,
On est tellement rien
à l’échelle du mal...
On est tellement Vie
On est tellement ivres,
D’un brin de magie,
la passion délivre
et les regards d’ombre
gravés dans le sang...
On est tellement Tout
dans des yeux aimants
Et sous les étoiles,
On marche, vibrants...
On est tellement libre
dans les pas du vent.


© Parme CERISET


pParme Ceriset
Passionnée de poésie et membre de la Société des Poètes Français, rédactrice à La Cause littéraire, surnommée « la plume Amazone » pour son tempérament très indépendant et son attachement suprême à la liberté. Parme Ceriset navigue entre Lyon et le Vercors où elle puise son inspiration. Son roman autobiographique Le serment de l'espoir - Que la vie souffle encore demain paru chez L'Harmattan, fait écho à son parcours totalement atypique. Elle a grandi avec une maladie rare, a exercé en tant que médecin puis a été sauvée par une greffe des poumons après avoir passé quatre ans sous oxygène. Dans ce roman qui est une ode à la Vie, à l'Espoir, à la Nature, à la Passion, à l'Amour et à la Liberté, elle défend une conception artistique de l'existence en déroulant le récit par petites touches, comme une fresque impressionniste. Parme Ceriset est également dessinatrice. Elle est fascinée par la vie sauvage et le monde animal, par la spiritualité et son expression artistique depuis l'aube immémoriale du monde et de l'humanité. Sur le plan philosophique, elle considère la poésie, selon ses propres mots, comme "un acte de résistance contre le non-sens et la mort". Son Graal absolu est la "liberté libre" de Rimbaud, qu'elle poursuit elle aussi, parfois jusque dans les ténèbres, éclairée par le flambeau inextinguible de sa foi en la vie et en l'Amour universel. Elle se définit comme humaniste, écologiste, féministe et pacifiste. Sa devise : "N'appartiens qu'à toi-même et au souffle du vent." (Extrait de son recueil "N'oublie jamais la saveur de l'aube", 2019). Son dernier recueil Femme d'eau et d'étoiles a été publié en 2021 et vient d'être couronné du Prix Marceline Desbordes-Valmore 2021 par la Société des Poètes Français.
→ Voir la liste de tous ses textes sur le site
→ Sa page Facebook
→ Son blog

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Posté le 07/09/2022 - Thème : Saison / Eté

Ingénue d'été

Il fait une chaleur à déshabiller
Toutes les pudeurs :
Les rires fleurissent, par nuée, 
Les rues inondées de soleil.
Les cils, en ombrelle, papillonnent
D'insouciance sous l'oeil morne 
Des vieilles gens qui sommeillent
Ces jeune filles, dévêtues de leur fardeau
Vont gaiement par delà les eaux. 
Enfourchant leurs jeunes années, 
Leur candeur ingénue fait rougir
Le soleil allant s'assoupir

Dans un songe incandescent d'été.

Ces yeux 
Ses yeux, pareils à des cierges
Endeuillaient la pièce
De son regard noir. 
Inerte et exangue d'espoir
Il laissait les sillons
De toutes ses douleurs
Labourer ses joues creuses. 
Dans la profonde solitude des heures
Il ne pouvait s'empêcher d'écouter le son 
Des aiguilles qui tricotaient, avec lenteur, 
Ces journées si longues et si oublieuses
De cette vie quil aurait tant aimé partager. 
Mais renégat de cette société, 
Par un beau soir d'été, 
Alors que bourgonnaient des vies nouvelles
La vie, dans ses yeux tristes, s'était fanée :
Un monde nouveau empli de sérénité
Lui avait enfin ouvert ses ailes.


© Caroline BAUCHER


Caroline Baucher (1983-aujourd'hui)
Née en Roumanie, Caroline Baucher vit actuellement à Paris. Elle publie dans différents forums et revues de poésie en ligne.
Autres textes :
Quand la maison soupire
Les neiges de rose
Les ailes du souvenir
Mon banquier
Rêve d'une nuit de sable
Son blog :
→ upanishad.free.fr/

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Posté le 05/09/2022 - Thème : Poésie

La soif du poète

Poète tu as soif, soif de souffle, soif de transcendance, tu hésites dans les éboulements de tes délires, de tes émotions.

Tu es aux aguets dans les échos de la glaise primitive, tu écris sur le sable mouvant de ta vie pour escorter un phare lointain qui t’écorche t’éblouit, te fascine.

Fou génial, insatisfait permanent car aussi loin que la science recule ses frontières, on entendra courir la meute chasseresse du poète. (1)

À la fois marbre et sculpteur, vin et eau, obscure ivresse, passons ronces et épines pour trouver la trouée lumière noire, brasier de la source.

Nous sommes adossés à l’arbre de la Connaissance, secret lumineux.

Poète à la meute hurlante, l’hallali n’est peut-être que l’explosion réussie de la mise à mort de l’énigme créatrice.

Grand veneur lâche tes chiens donc tes mots, éclatent les émois.

Féconde tes pulpes, transmue tes sucs, fais germer tes élans, fruits que je croque pleines dents.

Entends-tu le bruit sec de la morsure lorsque j’y plante mon désir ?

(1) St John Perse


© Nicole HARDOUIN


pNicole Hardouin
Nicole Hardouin vit en Bourgogne. Elle a été enseignante et respire en poésie. Chercheur, alchimiste du verbe, elle aime allier la plume et le trait en participant à des monographies pour divers artistes peintres. La richesse de son langage a la force du plomb en fusion, ses images sont flammes et source. Mais dans un sourire, elle se sent volontiers jongleuse de mots (qui en perd beaucoup) ; alors, elle songe à la phrase du poète Khalil Gibran : « ce n'est que lorsque le jongleur manque d'attraper la balle qu'il séduit... » Elle publie des poésies, nouvelles, essais et un roman.
Son site :

→ https://nicolehardouin.weebly.com/

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Posté le 10/07/2022 - Thème : Rêve

Miroirs infinis

De chauds rêves frétillent encore
dans le feu de nos doigts
Un reste de lune
Un ressac de caresses
s’élèvent jusqu'aux étoiles
Elles s’étirent
dans leurs jasmins de lumière
Et la barque de nos deux corps
glisse sur l’eau complice
d’un rire aux miroirs infinis


© Mokhtar EL AMRAOUI


Mokhtar El Amraoui (1955-aujourd'hui)
Poète d’expression française né à Mateur, en Tunisie, Mokhtar El Amraoui a enseigné la littérature et la civilisation françaises pendant plus de trois décennies, dans diverses villes de la Tunisie. Il est passionné de poésie depuis son enfance. Il a publié quatre recueils de poésie et plusieurs de ses poèmes ont été publiés sur Internet et en revues-papier.

→ Voir la liste de tous ses textes sur le site
→ Blog de l'auteur

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Posté le 07/07/2022 - Thème : Tristesse

L'outre-vie

Maintenant nous sommes assis à la grande terrasse
où paraît le soir et les voix parlent un langage inconnu
de plus en plus s’efface la limite entre le ciel et la terre
et surgissent du miroir de vigoureuses étoiles
calmes et filantes

plus loin un long mur blanc
et sa corolle de fenêtres noires

ton visage a la douceur de qui pense à autre chose
ton front se pose sur mon front
des portes claquent des pas surgissent dans l’écho
un sable léger court sur l’asphalte
comme une légère fontaine suffocante

en cette heure tardive et gisante
les banlieues sont des braises d’orange

tu ne finis pas tes phrases
comme s’il fallait comprendre de l’œil
la solitude du verbe
tu es assis au bord du lit
et parfois un grand éclair de chaleur
découvre les toits et ton corps


© Marie UGUAY


pMarie Uguay
(1955-1981)
Poétesse québécoise, Marie Uguay est attirée par la lecture. Elle se met à écrire des histoires qu’elle illustre de dessins ou de collages. Vers l'âge de 15 ans, elle se met à la poésie. Etudiante en littérature, elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer des os particulièrement agressif. Malgré un combat acharné, elle est amputée de sa jambe droite. Lors de cette épreuve, elle trouve néanmoins la force d’écrire, et les poèmes qui en résulteront seront les plus percutants de son recueil L’Outre-vie, auquel elle donne une toute nouvelle tonalité. Malgré les assauts de sa maladie, elle particpe à de nombreuses lectures de poésie. Marie Uguay est souvent perçue comme une « étoile filante » par sa brève mais fulgurante ascension dans le paysage littéraire québécois. Avec seulement deux recueils publiés de son vivant, ainsi qu’un dernier recueil posthume, il est rare qu’une œuvre ait autant de résonance et qu’elle persiste.
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 07/07/2022 - Thème : Mère

Chanson pour Baby-O,
à naître

Mon ange
quand tu sortiras
tu trouveras
une poète ici
pas tout à fait le choix idéal

Je ne peux pas te promettre
que tu n’auras jamais faim
ou que tu ne seras jamais triste
sur ce globe
détruit
brûlé

mais je peux t’apprendre
mon chéri
à aimer assez
pour te briser le coeur
à jamais


© Diane di PRIMA


pDiane di Prima
(1934-2020)
Poétesse et militante américaine appartenant à la Beat Generation, Diane di Prima écrit également de la prose (ses mémoires notamment, traduits en français sous le titre Mémoires d'une beatnik) et des pièces de théâtre. C'est aussi une activiste de gauche, dans la continuité de l'engagement anarchiste de son grand-père maternel, Domenico Mallozzi. Elle milite aussi pour l'acceptation des personnes grosses et obèses, contre la grossophobie.
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y
Posté le 06/07/2022 - Thème : Amour

Sept souhaits

Que ne suis-je le bandeau autour de ton front
Si proche de tes pensées !

Que ne suis-je le grain de maïs
Qu’écrasent tes dents de chat sauvage !

Que ne suis-je à ton cou la turquoise,
Chaude de la tempête de ton sang !

Que ne suis-je la laine multicolore
Du métier à tisser, qui glisse entre tes doigts !

Que ne suis-je la tunique de velours
Sur le flux et le reflux de ton coeur !

Que ne suis-je le sable dans tes mocassins
Qui ose caresser tes orteils !

Que ne suis-je ton rêve nocturne
Lorsque dans les bras noirs du sommeil, tu gémis !


© Claire GOLL


pClaire Goll
(1891-1977)
[Nom de naissance : Aischmann]
Ecrivaine, poétesse et journaliste franco-allemande, Claire Goll est l'épouse du poète Yvan Goll, avec qui elle s'installe à Paris en 1919. Ils fréquentent des artistes dadaïstes, cubistes, surréalistes et publient ensemble plusieurs recueils. Etant tous deux d'origine juive, ils fuient l'Europe à New-York en 1939, et en reviennent en 1947. Yvan meurt en 1950. Dès lors, Claire Goll décide de poursuivre leur oeuvre commune et publie en 1976 La poursuite du vent. Elle a légué à la ville de Saint-Dié -des- Vosges, où était né Yvan Goll, leurs manuscrits français, leur bibliothèque, leurs oeuvres d'art et leur mobilier. Elle meurt en 1977 et est inhumée auprès d'Yvan Goll au cimetière du Père-Lachaise. Yvan Goll avait demandé de reposer en face de la tombe de Chopin, ce qui fut réalisé en 1955. Leur tombe porte un motif dessiné par Marc Chagall.
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y
Posté le 26/06/2022 - Thème : Mer

Blancheurs nocturnes

Hier la plage était une plaine aveuglante
Sous l’œil évocateur de la lune en son plein,
Et l’océan rampait, avec sa force lente
Au frisson déferlant de son reflux félin. —

Hier la nuit vivante était l’apothéose,
Dans son intensité, de nos rêves vivants ;
La nature berçait d’un calme grandiose
Le repos fugitif des vagues et des vents.

Et vous vous étaliez, nappes d’argent fluide
Dans des brumes d’opale, et les brouillards lactés
Roulaient, pli sur pli, flot sur flot, ride sur ride,
Le voile diaphane où vibraient vos clartés.

Et nous, passants d’un jour, fantômes du grand songe,
Nous avons vu surgir dans ton clair tremblement,
Gouffre où naît toute étoile, où tout rayon se plonge
Un éden sidéral, mystérieusement…


Tola DORIAN


pTola Dorian
(1839-1918)
[Vrai nom : Kapitolina Sergueïevna Mestcherskaïa]
Poétesse et romancière française d'origine russe, elle épouse, en 1859, le prince Nikolaï Vasiljevich Mestchersky, avocat, dont elle divorce. En 1872, elle épouse en secondes noces l'homme politique Charles Dorian, d'où son nom de plume de Tola (diminutif du prénom russe Kapitolina). Elle publie des poèmes en russe puis touche à tous les genres en langue française : nouvelles, théâtre, poésie.
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y
Posté le 21/06/2022 - Thème : Temps

Le temps qui reste

Combien de temps ?
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon cœur bat si fort
Mon pays c'est la vie
Combien de temps encore ?
Combien ?
Je l'aime tant le temps qui reste
Je veux rire, courir, pleurer, parler
Et voir, et croire et boire, danser
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, partir, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand 
Je sais qu'il n'y a pas longtemps
Que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
"Le temps c'est comme ton pain
Gardes-en pour demain"
J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore
Je veux rire des montagnes de rires
Je veux pleurer des torrents de larmes
Je veux boire des bateaux entiers de vin de Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix
Je l'aime tant le temps qui reste

Combien de temps ?
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages
J'ai tant de gens à voir, tant d'images
Des enfants, des femmes, des grands hommes
Des petits hommes, des marrants, des tristes
Des très intelligents et des cons
C'est drôle, les cons ça repose
C'est comme le feuillage au milieu des roses

Combien de temps ?
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul
Quand le temps s'arrêtera
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment
Mais je t'aimerai encore
D'accord ?

© Jean-Loup DABADIE
Musique de Alain GORAGUER
interprétée par Serge REGGIANI


pJean-Loup Dabadie
(1938-2020)
Romancier, auteur de sketches et de chansons, auteur et metteur en scène, traducteur, scénariste et dialoguiste, Jean-Loup Dabadie signera plusieurs titres pour Serge Reggiani : Le Petit garçon (1967), Et puis (1968), De quelles Amériques (1970), L’Italien(1971), Hôtel des voyageurs (1972), Les mensonges d’un père à son fils (1972), Le vieux couple (1972), Le temps qui reste (2002).
→ Ecouter sur YouTube
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Posté le 21/06/2022 - Thème : Saison / Eté

Les beaux jours

Tout est bien qui finit bien.
Les couteaux n'ont plus leurs lames,
Le vin de l'épicurien
Coule à flots, brûle les drames,
Les pains noirs, les ciels navrants,
Par ses degrés enivrants.

 

Il fait bon marcher à l'ombre
Des promesses de bonheur,
Les boutons s'ouvrent en nombre,
Mai devient un butineur
Sautillant de rose en rose,
Entreprenant – c'est qu'il ose !

 

Tout est bien qui finit bien.
À moins que le loup ne cache
Ses crocs dans un gentil chien
Et le grand sujet qui fâche
Derrière ce chêne vert
Qui n'est plus nu comme un ver...

 

À quoi bon perdre la tête
Et son temps à réfléchir
À comment dormir moins bête ?
Voulez-vous vous avachir ?
Allons au bois sur le champ
Cueillir son plus joli chant !

 

Vous pourrez pleurer ensuite,
Quand l'été prendra la fuite.


© Fabrice PARISY


Fabrice Parisy
Parisien, Fabrice Parisy écrit depuis l'adolescence. Il a commencé à poster sur Internet en 2004, sur des forums, sites et blogs de poésie. Ses mots disent un peu, et parfois beaucoup de lui.
Son blog :
→ http://unmotetpuisunautre.eklablog.com/

y
Posté le 21/06/2022 - Thème : Nostalgie

Quand la maison soupire

Quand la maison soupire, 
C'est mon cœur qui chavire. 
Transporté par les plinthes
Du parquet qui murmure 
Les pas fantomatiques
Des arôme antiques,
Je te revois encore, ceinte
De tes sourires si purs, 
Animant parfois quelques jalousies.
Alors, dans la cour intérieure, 
Assises sur nos jeunes années, 
Nous inventions les heures
De nos vies qui commençaient. 
Mais ce temps enfantin 
Est maintenant si lointain, 
Et, quand les volets assoupis, 
Bruissent au vent, leurs souvenirs
C'est tout mon cœur qui chavire. 

 

© Caroline BAUCHER


Caroline Baucher (1983-aujourd'hui)
Née en Roumanie, Caroline Baucher vit actuellement à Paris. Elle publie dans différents forums et revues de poésie en ligne.
Autres textes :
Les neiges de rose
Les ailes du souvenir
Mon banquier
Rêve d'une nuit de sable
Son blog :
→ upanishad.free.fr/

y
Posté le 20/06/2022 - Thème : Objets

La robe rouge

J’ai toujours su, j’ai toujours dit,
Que si j’étais mûre et émancipée,
J’aurais une robe d’un rouge cramoisi,
La plus belle qu’on puisse trouver.

Je la porterais, souple et légère
Par une journée ensoleillée,
Il en est un qui me verrait faire
Et enverrait le monde valser.

Ce serait un homme des plus galants
Avec des étoiles dans les yeux,
Une chevelure comme de l’acier brillant
Et des lèvres aux mots toujours pieux.

Je nous imaginais, joyeux et justes,
Respectés par la communauté.
Maintenant je suis une femme adulte…
La robe idiote, je l’ai.


© Dorothy PARKER


pDorothy Parker
(1893-1967) Connue également sous le diminutif de Dottie, Dorothy Parker est une poétesse, nouvelliste, critique littéraire, parolière, dramaturge, scénariste et dialoguiste américaine, connue pour son humour caustique, ses mots d'esprit et le regard acéré qu'elle porte sur la société urbaine du xxe siècle et la société patriarcale. Pour son agilité intellectuelle, elle est surnommée « The Wit » (la vivace d'esprit, la fine d'esprit, la sagace).

y
Posté le 20/06/2022 - Thème : Amour

Valse

Une valse s’embrume,
tournoyant sur un étang comme de multiples sorcières
jadis finissant sur le bûcher.
Les flots semblent se jouer des tourments et des plaintes.
Une valse,
celle de l’Empereur déchu.
Son mausolée trône déjà au fond de l’église.
Une valse.
La mousse et les lichens s’installent aux jointures,
les graviers du chemin laissent filtrer les spectres de tant d’aïeux.
Pitié pour eux !
Les sépultures dorment au-dehors, alignées.
Quelques passants fleurissent leurs nuits.
Des chats miaulent aux étoiles d’Orion pour accompagner les hautbois.
Je contemple ce marbre froid, tout en décryptant les noms d’usage.
Un chiffre manque !!
Où peut-il bien être ?
Seul, au bois dormant ?
Un chat se tourne et me fixe.
La valse s’émousse.
Est-ce toi que je cherche ?
Ton sourire comme une lettre inachevée.


© Roland MUHLMEYER


pRoland Muhlmeyer
Roland Muhlmeyer est guitariste classique de formation. Il apprend le chant lyrique, deux matières qu'aujourd'hui encore il enseigne. Il se spécialise par ailleurs dans le chant grégorien, qu'il a également enseigné. Il a écrit des poèmes dans sa jeunesse qui ont paru dans quelques publications. Après un long repos poétique, il s'est remis à écrire. Il a le souci du rythme, des couleurs, des mots dans ses textes qu'il traite comme une partition de musique contemporaine.

y
Posté le 13/06/2022 - Thème : Amour

L'essentiel

L'essentiel
C'est d'être aimé
Le reste importe peu, la seule vérité
C'est compter pour quelqu'un quoiqu'il puisse arriver
C'est entrer dans son coeur et n'en sortir jamais

C'est recevoir autant qu'on aimerait donner

Ne plus s'appartenir, en être rassuré
C'est voir la joie de l'autre et fondre de bonheur
Mériter sa confiance et devenir meilleur

L'essentiel
C'est d'être aimé
Contrairement à tout ce qu'on peut raconter
Ce n'est pas la fortune ou la célébrité
Qui ne sont que du vent et ne font que passer

Je crois que l'important est fait de petits riens
Être attendu le soir et courir en chemin
Un des plus beaux cadeaux que nous ait fait la vie
C'est quand notre prénom a l'air d'un mot gentil

L'essentiel
Jour à près jour
C'est le rire aux éclats d'un enfant qui accourt
Et qui nous saute au coeur en guise de bonjour
Que demander de plus quand ses bras nous entourent

Le reste importe peu, la seule vérité
C'est compter pour quelqu'un quoi qu'il puisse arriver
être un jour exilé en pays étranger
Et avoir, dans son coeur, quelqu'un à qui parler
C'est inspirer à l'autre un sentiment si fort
Qu'il pourrait nous survivre au-delà de la mort
C'est d'être aimé, encore et toujours
Mon amour...


Chanson écrite pour Ginette RENO, Album L'Essentiel (1991)
© Charles AZNAVOUR


pCharles Aznavour
(1924-2018)
[Nom de naissance : Shahnourh Vaghinag Aznavourian]
Auteur-compositeur-interprète, acteur et écrivain franco-arménien, Charles Aznavour a commencé sa carrière dans les années 1940 et enregistré plus de 1200 chansons. Il a écrit ou coécrit plus de mille chansons, que ce soit pour lui-même ou d'autres artistes. Il est l'un des chanteurs français les plus connus en dehors du monde francophone, et a mené une carrière d'acteur, apparaissant dans soixante-trois longs métrages ainsi que dans des téléfilms. Sans renier sa culture française, il représente l'Arménie dans plusieurs instances diplomatiques internationales à partir de 1995 et obtient la nationalité arménienne en 2008.

Sa fondation :
→ https://www.aznavourfoundation.org/
→ Sa biographie sur Wikipédia

y
Posté le 11/06/2022 - Thème : Espoir

Nos yeux de loups

Qui n’a jamais ramassé
ces lambeaux de vie,
ces cœurs de viande brisés
éclatés sur un trottoir,
ces fragments de réalité
de famine et de misère,
cette souffrance d’humanité
qui vous saute au visage
et qui donne tort dans l’instant
à toutes les joies exaltées ?
Les cicatrices saignent encore
sur nos peaux de loups indomptés,
nous n’oublierons jamais le froid
qui brûle les destinées
et pourtant nous continuons
à hurler que la vie est belle
comme un acte de résistance :
nos yeux tournés vers le ciel.


© Parme CERISET [juin 2022]


pParme Ceriset
Passionnée de poésie et membre de la Société des Poètes Français, rédactrice à La Cause littéraire, surnommée « la plume Amazone » pour son tempérament très indépendant et son attachement suprême à la liberté. Parme Ceriset navigue entre Lyon et le Vercors où elle puise son inspiration. Son roman autobiographique Le serment de l'espoir - Que la vie souffle encore demain paru chez L'Harmattan, fait écho à son parcours totalement atypique. Elle a grandi avec une maladie rare, a exercé en tant que médecin puis a été sauvée par une greffe des poumons après avoir passé quatre ans sous oxygène. Dans ce roman qui est une ode à la Vie, à l'Espoir, à la Nature, à la Passion, à l'Amour et à la Liberté, elle défend une conception artistique de l'existence en déroulant le récit par petites touches, comme une fresque impressionniste. Parme Ceriset est également dessinatrice. Elle est fascinée par la vie sauvage et le monde animal, par la spiritualité et son expression artistique depuis l'aube immémoriale du monde et de l'humanité. Sur le plan philosophique, elle considère la poésie, selon ses propres mots, comme "un acte de résistance contre le non-sens et la mort". Son Graal absolu est la "liberté libre" de Rimbaud, qu'elle poursuit elle aussi, parfois jusque dans les ténèbres, éclairée par le flambeau inextinguible de sa foi en la vie et en l'Amour universel. Elle se définit comme humaniste, écologiste, féministe et pacifiste. Sa devise : "N'appartiens qu'à toi-même et au souffle du vent." (Extrait de son recueil "N'oublie jamais la saveur de l'aube", 2019). Son dernier recueil Femme d'eau et d'étoiles a été publié en 2021 et vient d'être couronné du Prix Marceline Desbordes-Valmore 2021 par la Société des Poètes Français.
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Posté le 11/06/2022 - Thème : Femme

Luisantes aurores

Le grain qui germa dans le sillon de ta chaleur
A fermé toutes les portes de l’oubli.
Ses fleurs récitent les cantiques des mains
Qui portent les cieux d’oiseaux libérateurs.
Tes yeux les protègent, nids de musique et d’amour,
Pour les guider toujours vers d’autres semences,
En étoiles suant de roses et de belles attentes,
En quais d’aurores luisantes,
Ors de levers et de rires partagés !


Extrait de Le souffle des ressacs
© Mokhtar EL AMRAOUI


Mokhtar El Amraoui (1955-aujourd'hui)
Poète d’expression française né à Mateur, en Tunisie, Mokhtar El Amraoui a enseigné la littérature et la civilisation françaises pendant plus de trois décennies, dans diverses villes de la Tunisie. Il est passionné de poésie depuis son enfance. Il a publié quatre recueils de poésie et plusieurs de ses poèmes ont été publiés sur Internet et en revues-papier.

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Posté le 31/05/2022 - Thème : Saison / Hiver

Les bélandres quittent leur quai...

Les bélandres quittent leur quai par un soir d’automne tiède.
L’heure qui se déchire sonne à la grille du nouveau croissant.
Au boulevard, naguère, quelques figurines accueillaient les nuits,
comme un nocher écartant les flots devant sa barque triste.
Était-ce une quelconque fornarine au visage affamé ?
Toi, seule, ange trônant loin des bugnes !

 

Il suffit d’une étoile, poussière malencontreuse, accrochée sous le crible.
Peu à peu, elle se murmure,
un masque sur les yeux,
les lèvres entrouvertes, lasse du travail inachevé.
Sa voix glisse comme un bosquet.
Elle est une parole éphémère sous la voûte.
J’entends déjà l’écho parmi les fleurs et les mousses,
« De profundis clamavi ad te, Domine ».

 

La prière des frênes montre le ciel comme des doigts appauvris.
C’est la fin de l’hiver,
l’hellébore sonne ses cloches :
c’est l’appel de l’angélus du soir.


© Roland MUHLMEYER


pRoland Muhlmeyer
Roland Muhlmeyer est guitariste classique de formation. Il apprend le chant lyrique, deux matières qu'aujourd'hui encore il enseigne. Il se spécialise par ailleurs dans le chant grégorien, qu'il a également enseigné. Il a écrit des poèmes dans sa jeunesse qui ont paru dans quelques publications. Après un long repos poétique, il s'est remis à écrire. Il a le souci du rythme, des couleurs, des mots dans ses textes qu'il traite comme une partition de musique contemporaine.

y
Posté le 20/05/2022 - Thème : Amour

L'aile d'un ange

On s’ disait "vous", on s’est dit "tu"
Dans les heures qui ont suivi
Et l’on s’est raconté nos vies
En s’ disant qu’il aurait fallu
Se rencontrer dix ans plus tôt
Dix ans plus tôt

Et l’on a bâti des châteaux
De sable aux couleurs de l’Irlande
On a réinventé des mots
Pour être seuls à les comprendre
Et des fous-rire comme des ados
Comme des ados

Mais le temps passe, il se fait tard
Faut que je raccroche le téléphone
Dix ans plus tôt, vingt ans trop tard
Avant toi il n’y avait personne
Ou bien mon cœur pesait trop lourd
Beaucoup trop lourd

Est-ce qu’un jour le temps nous pardonne
D’avoir manqué autant d’amours ?
Et quand parfois il nous en donne
Pourquoi est-ce au déclin du jour ?
Toi, tu es ma plus belle chance
L’aile d’un ange

Ce n’est pas le chant désespéré
Qui fait la chanson la plus belle
Mais se sentir aimé vraiment
Vous envole comme un souffle étrange
Un arc-en-ciel sur l’océan
L’aile d’un ange


Extrait de l'album Femme de légende, 2010
© Anne VANDERLOVE


pAnne Vanderlove
(1943-2019)
[Vrai nom : Anna Van der Leeuw]
Auteure-compositrice- interprète d'origine néerlandaise, Anne Vanderlove était surnommée la Joan Baez française. Elevée par ses grands-parents maternels en Bretagne,
elle passe son bac et entame des études de philosophie. C'est à Paris qu'elle dévoile ses premières chansons dans les cafés puis enregistre son premier titre Ballade de novembre en 1967. Dès les années 70, elle devient une chanteuse marginale et sans label. Elle produira une dizaine d'albums et restera active au sein d'associations humanitaires.
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y
Posté le 18/05/2022 - Thème : Femme / Révolte

Le chant des prostituées

A toutes les filles

Je te donne mon corps
Pour ton sale argent
Je suis jeune comme un astre et je brille
Tu es vieux et ressembles à une bête.
Je danse comme un serpent
Sur ton sang malade
Viens, que veux-tu de moi,
Toi le singe, toi le chien, toi le taureau ?
Tu es aveugle et tu sens le cadavre
Je crache dans tes yeux.
M’as-tu vue autrefois
Quand j’errais sur les routes nocturnes
Avec mes pieds guidés par la faim ?
Aujourd’hui je suis lumineuse et belle
Je mange, je ris, je chante,
Mes enfants ont de beaux jouets
Et des habits merveilleux
Et tous les Tziganes vivent
Dans une roulotte plus grande
Les pieds et le ventre bien au chaud.
Et toi pitoyable ordure
Que viens-tu me parler d’amour ?
Tu pourris lentement dans la graisse
En ouvrant ta gueule avec peine
Comme un poisson asphyxié.
Comme un mollusque écrasé
Ton ventre suant dans ses replis
Et lorsque je ferme les yeux
Afin que je t’oublie
En cette heure si sombre
Je te souhaite la mort.
Lorsque je caresse ton corps
Je sens d’immenses griffes
Qui voudraient te déchirer
Et en pensées j’étrangle
Ton cou visqueux, épais.
Oh tu me fais tant pitié
Je t’ai dit tant de mensonges !
Ton sourire est à vomir,
Je ne veux plus te voir
Et si je te rencontre
Je ne saurai pas ton nom
Et ne te reconnaîtrai jamais plus.


Extrait de Chair vive, poésies complètes, Seghers
© Grisélidis RÉAL


pGrisélidis Réal
(1929-2005)
Ecrivaine, artiste peintre, poétesse et prostituée suisse, Grisélidis Réal a d'abord été peintre et modèle. Entre 1950 et 1960, elle devient mère de quatre enfants. Mariée puis divorcée, ses enfants lui sont retirés. Installée en Allemagne avec son compagnon et deux de ses enfants, contrainte par la misère, elle se prostitue. Elle sera dans les années 70 une militante active pour la défense de ses « soeurs de trottoir ». Elle se définira comme une « courtisane révolutionnaire ». De retour en Suisse, elle publie plusieurs romans puis au début des années 80, devient archiviste de l’association Aspasie à Genève, organisation de défense et de soutien des droits des travailleuses du sexe.
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Posté le 18/05/2022 - Thème : Lieux

Dans la ville

Face à des arbres verts
assis
immobile
le bruit des voitures retentit
dans mon dos
je voudrais envoyer mon
vieux manteau couvert de feuilles mortes
à quiconque est dans la ville
dans cette ville
il y a mon salaire
il y a mon eau
dans cette ville
je suis amoureux de quelqu’un
je suis amoureux de deux mains
je suis amoureux de dix petits poissons
qui ont sauté dans mes cheveux
j’aime avant tout le blé cuit
quiconque marche joyeusement dans cette ville
je l’aime


© HAI ZI


pHai Zi
(1964-1989)
[Vrai nom : Zha Haisheng]
Hai Zi est l'un des poètes chinois les plus célèbres après la révolution culturelle. Empreinte de mysticisme et influencée par la philosophie et l’art moderne occidental, sa poésie, méconnue du public français, connaît aujourd’hui une grande renommée auprès des Chinois de la jeune génération. Ils s'est suicidé à l'âge de vingt-cinq ans en se couchant sur des rails, à Shanhaiguan. Les raisons qui l'ont poussé à mettre fin à ses jours continuent de faire débat. Dans son œuvre, les références à la mort sont constantes, et Hai Zi souffrait d'isolement, de dépression et d'hallucinations.
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Posté le 17/05/2022 - Thème : Lieux

Désert, temple sacré...

Désert, temple sacré que le silence habite.
Monastère où le vent passe, vieux cénobite
Invisible marchant dans l'air. Où sont ses pas
Sur la dune qui roule où l'on ne les voit pas ?
Désert, cloître sans bruit. Désert palais de sable.
Désert où fuit là-bas l'azur indépassable.
Souffles. Tourbillons bruns de derviches dansants,
Paroles de la terre aux douloureux accents.
Vaste église aux vitraux de ciel. Désert immense.
Sans fin la dune suit une dune. Silence.

Extrait du recueil Bruits de feuilles (2022)
© Marcel MICHEL


Marcel Michel
Marcel Michel a toujours voyagé en écriture. Depuis 2013, il couche sur le papier son monde intérieur foisonnant. Un recueil empli des sons d’une nature vivante, de réflexions sur l’homme et sur les choses qui nous entourent et que l’on ne perçoit plus. Ouvrage où la beauté, de poème en poème, pose sa touche délicate.
→ Découvrir son dernier recueil
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y
Posté le 16/05/2022 - Thème : Amour

Le meilleur moment
des amours

Le meilleur moment des amours
N'est pas quand on a dit : « Je t'aime. »
Il est dans le silence même
À demi rompu tous les jours ;

Il est dans les intelligences
Promptes et furtives des cœurs ;
Il est dans les feintes rigueurs
Et les secrètes indulgences ;

Il est dans le frisson du bras
Où se pose la main qui tremble,
Dans la page qu'on tourne ensemble
Et que pourtant on ne lit pas.

Heure unique où la bouche close
Par sa pudeur seule en dit tant ;
Où le cœur s'ouvre en éclatant
Tout bas, comme un bouton de rose ;

Où le parfum seul des cheveux
Parait une faveur conquise !
Heure de la tendresse exquise
Où les respects sont des aveux.


Sully PRUDHOMME


pSully Prudhomme
(1839-1907)
Poète français, Sully Prudhomme est le premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901. Vite décu par son emploi d'ingénieur, il reprend ses études et se consacre au droit et à la philosophie puis décide de se vouer entièrement à la littérature. Son premier recueil, Stances et Poèmes (1865) est loué par Sainte-Beuve et lance sa carrière. Il renferme son poème le plus célèbre, Le Vase brisé, élégante métaphore du cœur brisé par un chagrin d'amour. Caractérisé par son extrême élaboration esthétique, sa poésie lui ouvre aussitôt les portes de la revue du Parnasse. L'influence de ce mouvement devient très sensible dans ses œuvres ultérieures, comme Les solitudes (1869) et plus tard Les destins (1872). Il consacra également un ouvrage poignant à son expérience de la guerre, dont il garda de graves séquelles, et publia en outre divers essais de poétique et d'esthétique. 
Autre texte : → Le bonheur
→ Sa biographie sur Wikipédia

y
Posté le 11/05/2022 - Thème : Nostalgie

Mes allées ensommeillées

A la mémoire de Arthur Rimbaud, René Char, Jean Sénac

Quand on me dit, en vain :
Fugace, tu touches à ta fin...
Je me sens : Monarque éternel
Suprême insecte paternel.
En réunifiant les odeurs des taudis,
Je maudis le triomphe hérité
Récemment et jadis.
Je vomis l’empire des ancêtres.
Je ferme les portes du mystère.
Je peins les galeries de mes rites...
d’où vinrent les ténèbres de mes rides.
je peins aussi les reliefs de mes gîtes.
Sans tacher les joues d’André Gide...
Je repeins les tableaux de Dinet (1)
Venant de mes allées ensommeillées...
Où gambadent mes médisances
D’où surgissaient mes Croyances erronées
D’où vinrent mes redoutes ensoleillées.

 

Au bout du chemin, je salue René Char
En cheminant les pentes de « Renard » (2)...
Jubilant, avant d’agiter mes plaies purulentes.
Dans mes ailleurs naufragés...
Avant que je répudiais mon opulence.
Adoptée par mes pénitences
Exposée aux quatre vents
Dorlotée, comme une fée par le temps
Je mâchais mes métaphores érigées...
Au long de mes allées engendrées...

 

Avant de se pâmer aux contrées des étangs
Où j’engendrais mon sinistre présage. !!!
Où Meriem, divulguait ses secrets...
Révélait Comme les Cieux son auguste honorable
Au seuil des funérailles vénérables...
Car les tonneaux vides ne font que du bruit.
Ne font que gêner le calme d’autrui.

(1) Etienne Dinet (1861-1929), peintre français orientaliste qui a vécu une grande partie de sa vie en Algérie.
(2) L'écrivain Jules Renard


© Ahmed KHETTAOUI


pAhmed Khettaoui
(1951-aujourd'hui)
Romancier, nouvelliste, poète et traducteur, Ahmed Khettaoui est né à Oran. Il quitte l'enseignement et s'oriente vers le journalisme : il devient reporter puis éditorialiste, chroniqueur, rédacteur en chef (presse écrite) en langue arabe. Chef de département à la radio algérienne, producteur, animateur d’émissions culturelles, littéraires. Il est membre de l'Union des écrivains alégériens. Il a écrit plusieurs romans et recueils et a traduit plus de cent poèmes de l'arabe au français.
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y
Posté le 09/05/2022 - Thème : Guerre

La petite migrante

Il y avait dans ses yeux cet épi de blé
Arraché aux étoiles un soir de froid
Il y avait dans ses yeux la faim
Qui dormait dans la poitrine malade
Sous le cœur en forme de gâteau.

Elle marchait sur l'eau elle aussi
Sans prophétie et sans bâton
Elle posait un pied, puis l'autre ainsi
Sur l'air et avançait vers l'autre monde
En face, là où la lumière ne s'éteignait jamais
Dans une chambre d'enfant.

Elle avait enveloppé ses rêves de poupées
Dans son extrait de naissance
Et ses sourires dans sa tristesse bleue
Comme le ciel qui lui avait promis le paradis
Enveloppé dans les coups qu'elle esquivait.

Il y avait dans ses yeux tout l'amour en une seule fois,
La dernière
Ce jour où un visage inconnu est devenu sien
Elle a appris à écrire par cœur sur le sable
Un nom, un lieu, un départ.

Et depuis, elle a appris à marcher sur l'eau
Sans jamais tomber sur la tête
Sans jamais trembler comme font les vieux
Elle avance les yeux fermés et les bras tendus
Vers l'inconnu qu'elle fuyait
Vers cette accolade qu'elle a reçu cette année lointaine
Comme seule mesure du temps qui s'arrête
Comme seule preuve du bonheur qui existe
Comme seule vie qui a vécu en une seule fois
En elle.

Et depuis elle a appris à marcher sur l'eau
Sans jamais plus se mouiller...


© Amina MEKAHLI


pAmina Mekahli
(1967-2022)
Ambassadrice du prix international de poésie Léopold-Sédar-Senghor, dont elle est lauréate en 2017 pour son poème "Je suis de Vous", Amina Mekahli est une poétesse, romancière et traductrice algérienne. Elle a publié son premier Roman "Le Secret de la Girelle" en 2016 et "Nomade Brûlant" en 2017, premier roman traitant des camps de regroupement durant la colonisation algérienne suivi de "Les éléphants ne meurent pas d'oubli", un recueil de 7 nouvelles, publié en 2018. Beaucoup de ses poèmes sont également traduits en plusieures langues et inclus dans différentes anthologies dont la dernière en date "De l'Humain pour les Migrants" dirigée par Jean Leznod. Elle est décédée le 7 mai 2022, des suites d'une longue maladie.
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Posté le 26/04/2022 - Thème : Humour / Textes courts

L'épouvantail

Entre l'étoffe déchirée
et la doublure décousue
il portait une espèce
de manteau de lumière
qui déroutait la foudre.

L'hiver l'ayant traversé
il n'en demeure
que bois mort mis en croix
dont les oiseaux chantent la gloire
dans le petit matin précoce.


© Serge WELLENS


pSerge Wellens
(1927-2010)
Poète français dont les parents étaient artistes : sa mère trapéziste et son père homme-aquarium. Avec l’aide de ses parents, il rachète une boutique de librairie-papeterie à Aulnay-sous-Bois où il installe un rayon de poésie. Grâce à Jean Rousselot, il publie dans les Cahiers de Rochefort son recueil "J’écris pour te donner de mes nouvelles", puis "Marguerite" dans Les Cahiers de l’Orphéon. Sa situation précaire l'oblige à exercer les métiers de commis, libraire, représentant d’éditions... Converti au catholicisme en 1981, il s'installe à La Rochelle avec sa seconde épouse et tient une librairie d'actualité religieuse dite du "Puits de Jacob". Il voyage en Grèce, Sicile, Laponie, aux Îles Féroé, au Sahara, en Irlande et en Islande, en quête de paysages exigeants et dépouillés, qui viendront imprégner nombre de ses poèmes. Poète fraternel et chaleureux, doté d'un truculent sens de l'humour et d'une humilité émouvante, Serge Wellens a publié de nombreux recueils dont le dernier Poèmes de l'inconfort, paraît en 2010 aux éditions Folle Avoine.
→ Sa biographie sur Wikipédia

y
Posté le 26/04/2022 - Thème : Espoir

Spectacle

Au coin de la lune il se baigne,
Souliers vernis, chapeau rogné,
Ô vieux clown à l’air résigné
Dans ta splendeur de fin de règne !

Prestidigitateur qui daigne
Répandre ce qu’il a gagné,
Dors au paysage épargné
Du lointain passé qui t’imprègne…

Reviendras-tu cueillir nos pleurs
Pour arroser le jour qui saigne,
Dans la fièvre inventer les fleurs ?

Du monde, apprends-nous les bonheurs !
Les champs sont bleus à ton enseigne :
Nous y serons deux voyageurs…

Extrait du recueil La Poésie de la Forêt (2015)


© Alain RIPAUX


Alain Ripaux (1948-aujourd'hui)
Habitant en région parisienne, Alain Ripaux a été ingénieur en physique et a travaillé en laboratoires de recherche et dans l'enseignement. La poésie a exercé sur lui une grande fascination dès sa jeunesse. Après une première période de production, il s'est consacré à sa famille puis il a repris l'écriture en 2001. Il a collaboré dans plusieurs revues littéraires et publié plusieurs recueils.

y
Posté le 24/04/2022 - Thème : Saison : Automne

Trois feuilles d'or

Je n’ai rien
Que trois feuilles d’or et qu’un bâton
De hêtre, je n’ai rien
Qu’un peu de terre à mes talons,
Que l’odeur du soir en mes cheveux,
Que le reflet de la mer en mes yeux,

Car j’ai marché par les chemins
De la forêt et de la grève.
Et j’ai coupé la branche au hêtre,
Et cueilli en passant à l’automne qui dort
Le bouquet des trois feuilles d’or.


Henri de REGNIER


pHenri de Régnier
(1864-1936)
Ecrivain et poète français proche du symbolisme, Henri de Régnier est issu d'une famille aristocratique et se passionne dès son adolescence pour la littérature. Il commence à publier des poèmes à partir de 1885 dans des revues symbolistes. Admirateur de Mallarmé, aux mardis duquel il assiste régulièrement dans sa jeunesse, il est d’abord influencé par Leconte de Lisle et surtout par José-Maria de Heredia dont il épouse l'une des filles. Il est élu à l'Académie française en 1911.
Autre texte : → Le bonheur
→ Sa biographie sur Wikipédia

y
Posté le 17/04/2022 - Thème : Saison : Hiver

Le vent a quitté...

Le vent a quitté ses derniers vêtements
entre deux fourches d'arbre.
Le soir tombe mais il a un peu bu.
Le ciel ne vous appartient pas.
Les roches sont bien fragiles et les neiges bien dures.
Je veux être vivant sur le frappement de tes doigts.
Le ciel n'est pas si loin.
Les nuages sont si gros.
Les montagnes ne daignent
se lever pour mes chants.
Je suis frappé du pas feutré de la vie.


© Michel PRADES


pMichel Prades
(1954-aujourd'hui)
Co-fondateur avec Bernard Rivet de la micro revue mensuelle de poésie LIBELLE (1991), Michel Prades et ses collaborateurs continuent d'animer la revue qui publie des inédits de poésie contemporaine en restant ouverte au plus grand nombre de poètes, peu ou pas connus, et aux maximum de styles. Elle est le reflet des goûts les plus divers et affiche des aspirations profondes. Michel Prades a publié plusieurs recueils et un roman.

y
Posté le 16/04/2022 - Thème : Nostalgie

Des myriades d'étoiles

Les myriades d'étoiles scintillent
Sur le bleu profond du ciel 
Qui a jamais perçu ce qu'elles se disent ?
 
Au plus profond du silence 
Chacune de sa faible clarté
Rend à ses compagnes un secret hommage 
 
Fleur qui pousse dans les cailloux entre les rails 
Une seconde seulement 
Toi et moi 
Rencontre fortuite dans l'immensité de la vie 
Adieu à jamais dans l'immensité de cette vie 
Même si je revenais 
Parmi tant d'autres entre les rails 
Comment te retrouverais -je ?
 
Trop longtemps assise 
Ouvre grand la fenêtre : la mer 
Ta nostalgie infinie 
Livre-la aux confins du ciel 
Là où jusqu'à l'oubli s'étendent les vagues

© BING XIN
Dans ce nom, le nom de famille, Bing, précède le nom personnel.


pBing Xin
(1900-1999)
Romancière, traductrice, journaliste et poétesse chinoise, Bing Xin a été professeur dans diverses universités chinoises. Elle a fait de nombreux voyages, en Inde, Etats-Unis, Japon, Europe, Egypte en compagnie de son mari anthropologue. Elle a écrit principalement à Yantai, au bord de la Mer Jaune, où sa demeure a été protégée et préservée et transformée en mémorial.
→ Source : Association L'Ours Blanc

Posté le 13/04/2022 - Thème : Fête

Fêtes de village en plein air

Le bal champêtre est sous la tente.
On prend en vain des airs moqueurs ;
Toute une musique flottante
Passe des oreilles aux coeurs.

On entre, on fait cette débauche
De voir danser en plein midi
Près d'une Madelon point gauche
Un Gros-Pierre point engourdi.

On regarde les marrons frire ;
La bière mousse, et les plateaux
Offrent aux dents pleines de rire
Des mosaïques de gâteaux.

Le soir on va dîner sur l'herbe ;
On est gai, content, berger, roi,
Et, sans savoir comment, superbe,
Et tendre, sans savoir pourquoi.

Feuilles vertes et nappes blanches ;
Le couchant met le bois en feu ;
La joie ouvre ses ailes franches :
Comme le ciel immense est bleu !


Victor HUGO


pVictor Hugo
(1802-1885)
Poète, dramaturge, prosateur et dessinateur romantique français, Victor Hugo est considéré comme l'un des plus grands écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé. Homme de théâtre, il est l'un des chefs de fil du romantisme français. Il a fortement contribué au renouveau de la poésie et du théâtre.
→ Voir la liste de tous ses textes sur le site
→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 13/04/2022 - Thème : Absence

L'attente
(Album : Le choix de la lumière)

Aucune chanson, aucun poème,
Aucun temps de prière,
Aucun soleil, aucune lune,
Aucun bout de lumière
N'apaise la douleur d'un amour qui s'effiloche,
Qui meurt sans perdre vie.

Aucun sourire, aucune main
Aucun cri de colère,
Aucune rencontre, aucun humain,
Aucun vice de l'univers,
N'apaise la douleur d'un fantôme qui prend ses quartiers,
Dans mes jours et mes nuits.

Et c'est vivre dans l'attente,
D'un message, d'une éclaircie,
D'un signe de toi, d'un signe de toi.

Aucun retour, aucun baiser,
Aucun pas en arrière,
Ce que j'ai dû imaginer,
N'était qu'une chimère,
Ce n'est pas à toi que j'en veux,
Mais à l'idée que j'avais d'un amour sauveteur.

Et c'est vivre dans l'attente,
D'un message, d'une éclaircie,
D'un signe de toi, d'un signe de toi.

Et c'est vivre dans l'attente,
D'un mirage qui prendrait vie
D'un signe de quoi, d'un signe de quoi ?


© Nicolas SAINT-LANNE


pNicolas
Saint-Lanne
(1997-aujourd'hui)
Auteur-compositeur-interprète et journaliste né à Rochefort en Charente-Maritime, Nicolas Saint-Lanne est un véritable amoureux des mots. C'est d'abord comme auteur que l'artiste se révèle à l'âge de douze ans. Et au contact de la guitare qu'il s'initie à la chanson et se découvre une voix peu commune aux larges possibilités. Nicolas Saint-Lanne délivre dans ses compositions des émotions aussi personnelles qu'universelles, prolongeant à sa façon le sillon creusé par les artistes qu'il admire. Le chanteur aborde la chanson comme un langage privilégié, fédérateur et intergénérationnel. Sur scène, il troque ses fragilités contre des interprétations habitées, convoquant la beauté des mots pour s'élever au-dessus de lui-même. L'humilité en étendard, Nicolas Saint-Lanne rallie l'authenticité et l'exigence dans une quête artistique… à laquelle il nous invite tous ! 
Son site internet :
→ https://www.nicolassaintlanne.fr/
→ Ecouter ce titre sur YouTube

y
Posté le 13/04/2022 - Thème : Vie

Bond vers...

Ces fragments de vie qui s’envolent
Aux heures tièdes du jour
Ces lambeaux de vie qui se disséminent
Dans les fracas impétueux du néant
Ces morceaux de vie qui s’entrechoquent
Dans la caserne de l’étroitesse

Ces vies sans vie
Vivifiées dans les soirs enrobés de lune
Ces vies sans vie
Vivifiées dans l’espoir
De briser le pouvoir de la mort

Ces vies vraies vies
Sporalisées dans la bourrasque du dédain
Ces vies pittoresques
Qui s’entrelacent à l’affût
De l’étincelle du rudoiement

Ces petits brins de vie
Qui dansent en pleur au soir d’une vie sacrifiée,
Ces vies montage d’une vie
Encore plus heureuse
Encore plus lumineuse
Encore plus soyeuse
Ces vies qui portent le germe
De la naissance
Ces vies crépuscule et aube étoilés
Ces vies qui s’accrochent vigoureusement
Au pouvoir du bourgeonnement
Ces fragments de vie qui s’envolent
Aux heures tièdes du jour.


© Anne Rachel ABOYOYO ABOYOYO


pAnne Rachel Aboyoyo Aboyoyo
Camerounaise, Anne Rachel Aboyoyo Aboyoyo est licenciée ès lettres modernes françaises, étudiante à l’Ecole Normale Supérieure de Maroua, elle est membre de la Ronde des poètes du Cameroun et a publié ses premiers poèmes dans Bouquet de cendre, anthologie de la poésie féminine Camerounaise d’expression française (2007). Elle est l’auteure du recueil de poèmes intitulé Senteurs du crépuscule (2011). Ses poèmes qui prennent racine dans la profondeur saturnienne de la décadence sont de longs thèmes élégiaques qui baignent dans un lyrisme romantique dont le but majeur est la suggestion d’émotion.
→ Source : recoursaupoeme.fr

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Posté le 13/04/2022 - Thème : Liberté

Les mains des trames

Les mots en leur souffle disent
toutes les mains des trames

Quand l’arbre fleurit
sable et soleil rient
à fendre
à prendre
aux portes des danses
les portées des hanches
aux ruelles d’aubes et d’épis

L’ampleur des cris épris
fait scintiller
les naissantes plumes
offertes en transes
aux encriers des cieux

Et l’air alors se libère
pour rechanter nos pas
et leurs rêves de braises

 

© Mokhtar EL AMRAOUI


Mokhtar El Amraoui
(1955-aujourd'hui)
Poète d’expression française né à Mateur, en Tunisie, Mokhtar El Amraoui a enseigné la littérature et la civilisation françaises pendant plus de trois décennies, dans diverses villes de la Tunisie. Il est passionné de poésie depuis son enfance. Il a publié quatre recueils de poésie et plusieurs de ses poèmes ont été publiés sur Internet et en revues-papier.

→ Voir la liste de tous ses textes sur le site
→ Blog de l'auteur

y
Posté le 13/04/2022 - Thème : Monde

En clair

Fenêtre ouverte en clair
Ou bien tout se termine
Ou bien tout recommence
Et le premier matin du monde
Animaux à genoux
Des femmes qui s’en vont
Des hommes qui reviennent
Et le premier été du monde
Abandonne découvre
Étreint ma terre la dénoue
Trébuche sur les pierres
Et roule comme elles roule
Au bas de mon épaule
Au bas de tes mains fraîches
Où vient de s’arrêter
Mon sang rouge calèche
Dans le premier matin d’été.

Extrait de "C’était hier et c’est demain"
Editions Seghers, 2004

 

© Jean-Phililppe SALABREUIL


Jean-Philippe Salabreuil
(1940-1970)
[Nom de naissance : Steinbach]
Poète français, Jean-Philippe Salabreuil publie son premier recueil "La Liberté des feuilles" en 1964 qui obtient les prix Félix-Fénéon et Max-Jacob. Sa poésie est caractérisée par une rythmique savante, la fluidité d'une musique volontiers élégiaque et de longues envolées lyriques, le « moi » semble disparaître et se confondre avec le cosmos : « Chercherai-je un sens, ou bien le sens me cherchera-t-il ? Et pourtant quelque chose s'efforce en moi. Il s'achemine un monde obscur vers un vrai livre où je mettrai mon nom. Je suis hanté de sources profondes. J'ai de grands travaux dans le silence. Il me reste à découvrir le premier mot. » Dans sa courte existence, il n'aura publié que trois recueils poétiques. Il met fin à ses jours à l'âge de 29 ans.

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y
Posté le 13/04/2022 - Thème : Absence

Le front aux vitres

Le front aux vitres comme font
les veilleurs de chagrin
Ciel dont j’ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent

Le front aux vitres comme font
les veilleurs de chagrin
Je te cherche par delà l’attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t’aime
Lequel de nous deux est absent.

 

© Paul ELUARD


pPaul Eluard (1895-1952)
Nom de plume d'Eugène Grindel, Paul Eluard est un poète français. Il adhère au dadaïsme et devient l'un des piliers du surréalisme. Obligé d'interrompre ses études à cause de la tuberculose, il séjourne en sanatorium où il rencontre une jeune russe qu'il prénomme Gala. Impressionné par sa forte personnalité, c'est d'elle qu'il tient son premier élan de poésie amoureuse. Il l'épouse début 1917. Malgré sa santé défaillante, il est mobilisé en 1914, puis publie ses premiers poèmes. Au lendemain de la Grande Guerre, il adhère au mouvement Dada puis s'engage dans celui du surréalisme. En 1928, il repart en sanatorium accompagné de Gala. C'est là qu'elle le quitte pour Salvador Dali. Autour d'un voyage autour du monde, il rencontre Maria Benz (Nusch) qui devient sa muse et lui inspirera ses plus beaux poèmes d'amour. Plongé dans le désespoir après le décès de Nusch en 1946, il rencontre Dominique qui devient sa dernière compagne et pour laquelle il écrit le recueil "le Phénix" consacré à la joie retrouvée. Il succombe à une crise cardiaque le 18 novembre 1952 et sera inhumé au Père Lachaise.
Autres textes :

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→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 13/04/2022 - Thème : Animaux

Le chat

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,

Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots,
Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.

Quand il mouille sa patte avec sa langue rose
Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,
Il me cligne de l’œil en faisant une pause,
Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux
Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.

Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre
Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,
Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre
Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?
Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre

Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes
À la face bizarre, aux tétons monstrueux,
Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,
Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,
Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,
Il possédait sa chatte aux membres si velus ;
Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,
Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus
Que le prochain été, par les bons clairs de lune.

Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,
Et quand nous en sortons encor pleins de désir,
Il nous jette un regard jaloux et presque fauve
Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,
Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.

Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,
Comme pour y cueillir un brin de volupté,
La passion reluit dans sa prunelle verte :
Il est beau de mollesse et de lubricité
Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.

Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,
Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,
Il se roule en pelote, et sa tête charmante
Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,
Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.

Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,
Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,
Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,
Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;
Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.

Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières
Où, matou lovelace et toujours triomphant,
Il s’amuse à courir pendant des nuits entières
Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :
Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.

Panthère du foyer, tigre en miniature,
Tu me plais par ton vague et ton aménité,
Et je suis ton ami, car nulle créature
N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,
Panthère du foyer, tigre en miniature.

 

© Maurice ROLLINAT


pMaurice Rollinat
(1946-1903)
Poète, musicien et interprète français, Maurice Rollinat a écrit ses premiers poèmes en 1870, encouragé par George Sand. Ses textes, allant du pastoral au macabre en passant par le fantastique, lui valent une brève consécration en 1883. Tourmenté, souffrant de névralgies, il se retire dans la Creuse où il continuera son oeuvre littéraire. Au décès de sa compagne, il tente plusieurs fois de se suicider. Malade (probablement d'un cancer), il est hospitalisé à Ivry où il meurt à l'âge de 56 ans.
Autres textes :
Journée de printemps
Magie de la nature
→ Sa biographie sur Wikipédia

y
Posté le 13/04/2022 - Thème : Mort

Il restera de toi

Il restera de toi
Ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.
Il restera de toi, de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.
Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu,
Que tu as attendu plus loin que les réveils.
Ce que tu as souffert
En d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.
Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d’autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.


© Simone WEIL


pSimone Weil
(1909-1943)
Philosophe, humaniste et militante politique française, Simone Weil souhaite faire de la philosophie une manière de vivre, non pour acquérir des connaissances, mais pour être dans la vérité. Dès 1931, elle enseigne la philosophie et s'intéresse aux courants marxistes antistaliniens. Elle est l'une des rares philosophes à avoir tenté de comprendre la « condition ouvrière » par l'expérience concrète du travail en milieu industriel et agricole. Ses écrits, où la raison se mêle aux intuitions religieuses et aux éléments scientifiques et politiques, malgré leur caractère apparemment disparate, forment un tout, dont le fil directeur est à chercher dans son amour impérieux de la vérité, qu'elle a définie comme le besoin de l'âme humaine le plus sacré. Elle traduit et interprète aussi les grands textes littéraires, philosophiques et religieux grecs. Atteinte de tuberculose, elle meurt d'un arrêt cardiaque au sanatorium d'Ashford en Angleterre, à l'âge de 34 ans.

→ Sa biographie sur Wikipédia

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Posté le 13/04/2022 - Thème : Temps

Jetez-vous sur l'avenir

Jetez-vous sur l’avenir
Au vol,
comme l’indien
sur les reins du cheval sauvage
Et n’en cherchez pas davantage
Prenez votre monture au col
foncez
Avalez le temps avant qu’il ne vous avale
Frappez des deux talons les flancs de la cavale
Yeux fermés
Cheveux au vent
Lèvres entrouvertes
Courez courez à votre perte
Allez au-devant du temps
Faites voler en éclats
horizon et raisonnements
Tout ce qui est inerte ment
Prenez les devants
Bousculez Dieu comme une idée reçue
Ruez-vous sur l’avenir avant
que les vers ne vous mangent Pressez votre coeur
comme on presse une éponge
Faites-lui rendre tous les prénoms
Tous les instantanés d’amour
Tous les rêves inassouvis
Qu’il a stockés
Dans ses greniers
Sur cette plage
Cette photographie
Cette barque
Ton sourire
Le premier de nos enfants
Le second
Sable mer vent Qui parle ?
Taisez-vous
Laissez-moi seul
Avec ces bruits de pas dans le cimetière
Il est tard
Dire qu’il sera toujours trop tard
La grande nuit morte monte et persiste
Jetez-vous sur l’avenir
Ou par la fenêtre
Allez
ne vous retournez pas
Laissez les autres suivre votre enterrement
mais ne soyez pas du cortège
Opposez n’importe quoi à l’inertie
ne fût-ce qu’une plume ou un flocon de neige
Et que celui qui possède encore des yeux
Les ferme
Avant que le flocon
ne fonde sous ses regards impuissants


© Jean-Pierre ROSNAY


pJean-Pierre Rosnay
(1926-2009)
Poète et écrivain, Jean-Pierre Rosnay poursuit sans relâche, aux côtés de sa muse, Marcelle Rosnay, un combat pour rendre la poésie contagieuse et inévitable, et son nom est devenu indissociable du Club des poètes créé dans les années 1960, et du rituel « amis de la poésie, bonsoir ! » par lequel débutaient ses émissions de poésie à la radio et à la télévision. Résistant dans les maquis de Haute-Savoie et du Vercors, il continue le combat jusqu'à la Libération. Proche de Jean Cocteau et de Raymond Queneau, il publie ses premiers recueils de poèmes après-guerre. Marquée par son expérience de résistant, sa poésie s’attache à l’essentiel de la vie humaine : l’amour, les enfants, le rejet de la violence des hommes.
Autre texte : → Rien ne commence ni s'achève
→ Site dédié à Jean-Pierre Rosnay
→ Le Club des Poètes
→ Sa biographie sur Wikipédia

y
Posté le 13/04/2022 - Thème : Homme

Où sont les hommes ?

Quand les marmites ne voudront plus obéir
Quand le bois comme un oiseau qui s’envole
Quand les pierres s’effriteront pour se moquer de nous
Quand dans les buffets, à la place des couverts, de longs serpents venimeux
Quand nous souhaiterons enfin une présence humaine
Quand nous aurons besoin d’une voix humaine
Quand l’homme que nous avons meurtri, crucifié
Pourra nous faire du bien avec son regard qui pardonne
C’est en vain que nous irons dans les prisons
C’est en vain que nous appellerons dans les chambres de torture
C’est en vain que dans les camps de la maladie et de la faim
Nous irons recueillir ce qui reste de l’homme.
Quand l’eau rira libre loin de nos lèvres,
Quand les murs comme de la fumée à notre approche
Quand les roches couvertes d’algues et de varech
Sortiront comme un troupeau hallucinant de l’océan
Quand la paix comme un fouet cinglera nos faces
Quand les arbres comme des rennes fuyant dans la nuit
Quand les chaises, les tables, les armoires, sans se gêner
Conspireront, en notre présence, pour nous perdre,
Quand la solitude demandera son salaire
C’est en vain que nous nous souviendrons de nos semblables
Dans les soutes, dans les cavernes, dans les casemates
Il n’y aura plus qu’un peu de sang et de rouille sur les chaînes.


Ilarie VORONCA


pIlarie Voronca
(1865-1939)
[Vrai nom : Eduard Marcus]
Poète et écrivain français d'origine roumaine, Ilarie Voronca, né dans une famille juive, est passionné de littérature. Il publie ses premiers écrits en 1922. Poète hors-normes, il s'affirme comme l’un des principaux animateurs de l’avant-garde artistique roumaine, en créant, avec Victor Brauner, 75 HP, revue désormais mythique, qui étonne encore de nos jours par ses audaces typographiques et graphiques, mais surtout par l’invention des principes de la Pictopoésie. Elève officier de réserve démobilisé en 1940, il se réfugie à Marseille puis Rodez et entre en Résistance pour combattre le nazisme. À la mi-octobre 1944, il regagne Paris, qui avait été libérée des nazis. Le désespoir prend définitivement le pas sur la joie : Ilarie Voronca se donne la mort au soir du 4 avril 1946.
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Posté le 13/04/2022 - Thème : Mort

Les Morts

Les Morts ne dorment pas couchés sous la poussière,
Leur cendre ne gît point dans les urnes d’airain,
Le cortège des Morts se déroule sur terre,
C’est la procession des calmes pèlerins.

Les Morts viennent à nous quand le deuil nous accable,
Frôlant de leurs pieds nus les nuages altiers,
Ils sont dans la tempête et dans l’air ineffable,
Ils sont l’ombre qui suit nos pas sur les sentiers.

Les Morts bien aimés sont les vivants de la veille,
Hier encor, sous le joug leur échine a ployé,
Et tous, frères, amis, quand la maison sommeille,
Reviennent à pas lents s’asseoir à nos foyers.

Car nous sommes les Morts des aurores prochaines,
Déjà le jour pâlit, et quand viendra le soir
Calmes, nous sortirons du Vallon de nos peines
Par le même chemin qui conduit au Revoir !
 
Les Morts aimés sont les hôtes aux mains discrètes
Qui demandent leur pain quotidien, sans bruit,
Ils ne viennent jamais nous troubler dans nos fêtes,
Mais veulent partager l’angoisse de nos nuits.

Quand à l’aube un rayon vient déchirer nos brumes,
Ils écartent un peu le voile de leurs fronts,
Leurs grands yeux pleins de paix sondent nos amertumes,
Et s’attristent parfois lorsque nous les pleurons.

Les Morts ne dorment pas couchés sous la poussière,
Leur cendre ne gît point dans les urnes d’airain,
Le cortège des Morts se déroule sur terre…
C’est la procession des calmes pèlerins.


© Isabelle KAISER


pIsabelle Kaiser
(1866-1925)
Romancière et poétesse suisse, Isabelle Kaiser a écrit en français et en allemand et ses oeuvres ont été influencées par le courant néoromantique propre à son époque. L'Académie française lui a décerné le prix Juteau-Duvigneaux en 1910, et le prix de Jouy pour La Vierge du lac en 1917.
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